Lisi YAO

La Convention de la Société Civile Ivoirienne identifie 5 axes pour son plaidoyer dans la lutte contre les changements climatiques

La Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI) a identifié 5 axes pour son plaidoyer dans la lutte contre les changements climatiques en Côte d’Ivoire. Ceux-ci découlent des principaux problèmes sur le chemin de la lutte contre les changements climatiques.

L’insuffisance de décisions, lois et déclarations

La CSCI regrette entre autres l’absence de décret d’application de la loi de 2017 sur le littoral.

La loi N°378 du 02 juin 2017 est relative à l’aménagement, à la protection ainsi qu’à la gestion intégrée du littoral ivoirien. Elle vise la préservation des zones côtières en Côte d’Ivoire. Force est cependant de constater que malgré son adoption, les choses n’évoluent pas considérablement dans le sens souhaité.

La prise en compte insuffisante de populations impactées par les effets du changement climatique  

La CSCI déplore une prise en compte insuffisante du genre, de l’inclusion des personnes handicapées et des communautés impactées de manière générale dans les projets de lutte contre le changement climatique. Elle invite donc les autorités ivoiriennes à compter les femmes, les jeunes ainsi que les personnes en situation de handicap dans les politiques et programmes de lutte contre le changement climatique.

Labsence de plan climat

Les résultats des études de la CSCI présentent une carence de plan climat au niveau des régions et districts en Côte d’Ivoire. Si le champ d’action du projet Benkadi est considérable, la Côte d’Ivoire a en outre besoin d’un plan climat adapté aux régions et districts sur l’étendue du territoire national.

Le faible respect des engagements pris dans la lutte contre le changement climatique

« De 16 millions d’hectares en 1960 nous sommes aujourd’hui à 2 millions, en 2022. Face à cette réalité, l’Etat a pris des engagements pour préserver la forêt, notamment les aires protégées. Ce sont les parcs nationaux qui ont plus de couverture forestière. Ils constituent 65 % du couvert forestier. Malheureusement, les aires protégées qui nous préservent des gaz à effet de serre subissent des agressions avec l’orpaillage et l’agriculture extensive », explique madame De Laure Nesmon Pie, experte communication et plaidoyer pour le projet Benkadi. Le tableau montre que les voyants sont toujours au rouge. La Côte d’Ivoire doit prendre la pleine mesure de ses devoirs dans la lutte contre le changement climatique. Ainsi pourra-t-elle éviter la catastrophe qui pointe à l’horizon.

L’occupation et l’exploitation illégale des parcs nationaux

C’est l’un des problèmes en Côte d’Ivoire. La CSCI entend bien faire sa part pour contribuer à sa résolution. Pour y arriver, elle va sensibiliser les populations vivant dans plusieurs régions. Il s’agit spécifiquement de celles qui abritent 7 principales aires protégées du pays. Rappelons que trois aires protégées en Côte d’Ivoire font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce sont :

  • le parc national de la Comoé ;
  • le parc national de Taï ;
  • la réserve intégrale du Mont Nimba.

La CSCI a organisé un atelier de validation de ses stratégies de plaidoyer, de communication et genre ce 26 avril 2022 à Abidjan. Notons que ces stratégies sont validées sous réserve de la prise en compte des recommandations faites lors de l’atelier.


Le régime parlementaire, le système politique qu’il faut en Côte d’Ivoire selon l’écrivain Geoffroy-Julien Kouao

Le régime parlementaire est, selon Geoffroy-Julien Kouao, auteur de Violences électorales et apologie de l’impolitique, faut-il désespérer de la Côte d’Ivoire ? Le régime parlementaire et le nouvel ordre politique, le système politique qui peut sortir la Côte d’Ivoire d’une violence cyclique. Quelles sont les causes des violences électorales en Côte d’Ivoire et pourquoi choisir le régime parlementaire ? C’est à ces questions que répond l’auteur dans sa 6ème étude.

Présentation générale de l’étude

220 pages dans le contexte d’une réflexion sociopolitique entamée depuis plusieurs années. L’auteur Geoffroy-Julien Kouao a, en effet, commencé à mettre ses réflexions ainsi que ses analyses sur la société ivoirienne sur papier, pour les partager avec l’humanité, depuis 2016. Sa récente étude comporte trois parties qui ont chacune deux chapitres.

La première partie de l’étude est Violences électorales en Côte d’Ivoire. L’auteur nous y parle d’abord des causes des violences qui sont structurelles et conjoncturelles. Ensuite, il nous propose des solutions pour prévenir les violences.

La deuxième partie de l’étude évoque la science politique et les alliances qualifiées de contre nature. Celles-ci se situent dans la période 1994 – 2021.

La troisième et dernière partie du livre est Violences électorales et apologie de l’impolitique, faut-il désespérer de la Côte d’Ivoire ? Le régime parlementaire et le nouvel ordre politique. Dans ses lignes, Monsieur Kouao présente successivement les problèmes liés au régime politique actuel de la Côte d’Ivoire. Un exécutif tricéphale dans la forme et monocéphale dans les faits. Pour terminer, le politologue propose sa solution pour le bien-être du pays.

https://www.youtube.com/watch?v=ZGnKntOvDz0
Geoffroy-Julien Kouao parle de son étude dans Droit dans les yeux sur 7 info

Quelques éléments clés de l’étude

1994-2021. Presque 30 ans. Durant cette période, il y a eu plusieurs troubles sociopolitiques en Côte d’Ivoire. Ces derniers ont par ailleurs une chose en commun : des élections. Chaque fois qu’il y a des élections en Côte d’Ivoire, on assiste à des bagarres. Il y a des dégâts matériels, des pertes en vies humaines. L’auteur remonte même plus loin en citant les ancêtres des crises sociopolitiques en Côte d’Ivoire. Il nous parle des crises du Sanwi et du Guebié. La première dure de 1959 à 1970. La seconde est d’actualité lorsque l’étudiant Jean Christophe Kragbé Gnagbé et des soutiens occupent Gagnoa, une ville située au centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Elle est l’une des plus grandes villes du pays où est proclamée solennellement la République d’Eburnie le 26 octobre 1970.  

Soupçons de complots politiques, tentative de sécession, guerres… L’auteur s’appuie sur des faits et des références littéraires pour son argumentation.  

Il apparaît que l’une des causes principales des violences politiques ou liée à des élections est l’inculture.

L’inculture politique

Des militants ou si vous voulez des manifestants politiques, il y en a beaucoup en Côte d’Ivoire. Combien de jeunes, parce que ce sont surtout les jeunes les victimes et les acteurs principaux de la violence, peuvent définir cette science qu’est la politique ? Qu’en est-il des courants politiques ? Combien sont ceux qui s’intéressent à des documents et rencontres pour parler politique assez sainement, avec un langage respectueux ? Et combien sont ceux qui sont, pour des figures ou partis politiques et qui essaient de ne pas être utilisés pour de l’argent, des vivres, des biens, des promesses qui font miroiter l’accession sociale par un nouveau statut ?

Le régime parlementaire, le système politique pour sauver la Côte d’Ivoire  

Pour Geoffroy-Julien Kouao, la solution pour éviter d’autres crises en Côte d’Ivoire est d’arrêter d’élire le président de la république et de valoriser la fonction parlementaire. C’est la majorité parlementaire qui devrait choisir le premier ministre. Si pour Monsieur Kouao la Côte d’Ivoire se portera mieux politiquement sous le régime parlementaire, il ne nie pas cependant que le système parlementaire, comme tout autre système, peut avoir des limites.

Geoffroy-Julien Kouao est auteur de plusieurs études dont Côte d’Ivoire : la Troisième République est mal partie (2016) et Le Premier Ministre : Un prince nu. Repenser la nature du régime politique ivoirien (2018).


Lutte contre les changements climatiques : le projet Benkadi fait son premier bilan

La lutte contre les changements climatiques est impérative pour la survie de l’humanité. Conscientes de cette réalité, des organisations de la société civile se mettent ensemble pour faire barrage aux effets néfastes du changement climatique.

Le projet Benkadi est une initiative d’organisations de la société civile. Il a pour but d’améliorer l’efficacité des politiques publiques sur les changements climatiques. Après une année de travaux, l’atelier régional du programme Benkadi a débuté ce 4 avril 2022 à Bassam en Côte d’Ivoire. Son objectif : faire le bilan de la première année de mise en œuvre du projet. Ceci afin de mieux orienter la deuxième année du programme Benkadi de lutte contre les changements climatiques.

Bilan positif pour la première année du projet Benkadi

« La première année du programme a été marquée principalement par la mise en place des équipes opérationnelles, les lancements officiels et la réalisation des études de base dans les différents pays », a expliqué Monsieur Mahamadou Kouma, Coordonnateur national de la Côte d’Ivoire. Les responsables des plateformes des ONG ouest-africaines ont tous présenté un bilan satisfaisant. Il s’agit des représentants du Burkina Faso, du Mali, du Bénin et de la Côte d’Ivoire.

Des formations des ressources humaines, études, actions et sensibilisations sur le terrain ont été faites.

Objectifs spécifiques de l’atelier

L’atelier vise plusieurs objectifs. Ce sont entre autres la finalisation des rapports techniques, financiers, et autres livrables à transmettre au Mofa, le bailleur de fonds ; le partage des grandes conclusions de l’audit externe 2021 avec les responsables financiers des pays ; la validation de la stratégie de communication régionale ; des échanges sur la thématique de capitalisation de l’année 2 portant sur la prise en compte du genre et de l’inclusion dans le programme.

« L’érosion côtière en Côte d’Ivoire, la question de la gouvernance climatique au Burkina Fasso et au Mali en plus de la question de l’orpaillage et de la pollution minière ainsi que l’approche basée sur les écosystèmes au Bénin nécessitent que nous puissions nous retrouver et finaliser les livrables en termes de rapports techniques et financiers et renforcer les capacités des acteurs pour qu’ils sachent les techniques de plaidoyer et de lobbying afin d’influencer les politiques publiques en matière d’environnement et de changement climatique», a fait remarquer Monsieur Sylvestre Tiemtore, directeur régional du projet Benkadi.

Interviews de Monsieur Sylvestre Tiemtore, directeur régional du projet Benkadi
Photo publiée avec l’aimable autorisation du service communication du projet Benkadi

Agir dans l’intérêt des populations

La mise en œuvre du programme Benkadi s’étend sur cinq ans (2021-2025). Le consortium entend contribuer à faire réaliser aux communautés leur droit au développement. Aussi concourra-t-il à les rendre résilientes aux effets du changement climatique. Ces populations sont principalement affectées par l’érosion côtière, la déforestation, la dégradation des écosystèmes et la pollution par l’orpaillage. Elles incluent en particulier les femmes, les jeunes et les personnes vivant avec un handicap.

L’ouverture de l’atelier s’est faite en présence de plusieurs officiels dont Mme Yvette Daoud, ambassadeur du Royaume des Pays-Bas en Côte d’Ivoire. L’ambassadeur n’a pas manqué de revenir sur le soutien aux organisations de la société civile (OSC), une valeur chère au Royaume des Pays-Bas parce que les OSC sont la voix des citoyens au niveau local. La mise en œuvre du projet Benkadi est, il importe de le rappeler, financée par le Royaume des Pays-Bas.

5 plateformes pour un objectif

Quatre plateformes d’ONG d’Afrique de l’Ouest ainsi qu’une ONG néerlandaise conjuguent leurs efforts. Elles convergent pour contribuer à l’amélioration des politiques sur les changements climatiques. Pour le Burkina Faso, le secrétariat permanent des ONG (SPONG) est la leadeuse. La Plateforme des Acteurs de la Société Civile du Bénin (PASCIB) représente quant à elle le Bénin. Le Mali est représenté par le Secrétariat de Concertation des ONG nationales (SECO-ONG). La Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI) est la plateforme des organisations non gouvernementales de Côte d’Ivoire membre du consortium Benkadi. Enfin avons-nous l’organisation néerlandaise Woord En Daad « Parole et Action ».

Benkadi signifie en langue bambara, une langue principalement parlée au Mali, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso : « travailler ensemble dans la même direction ». L’atelier régional du programme Benkadi refermera ses portes le 8 avril 2022.

Photo de famille après l’ouverture de l’atelier, Lisi YAO


Ken de Korogo : un artiste qui a choisi le reggae pour s’exprimer

Ken de Korogo est son nom pour rendre hommage à la ville de Korhogo en Côte d’Ivoire. Alain Francheteau dit Ken de Korogo part du Canada à 4 ans. Il est alors en classe de maternelle. Son père enseignant quitte l’Amérique du nord avec lui pour la Côte d’Ivoire où il est affecté. Ken de Korogo est sensible aux messages reggae dès l’adolescence. Séduit par la musique de Bob Marley, il décide de sensibiliser le monde à travers le même style musical. Lutte pour faire cesser les violences basées sur le genre, dénonciation de l’impérialisme… Retour sur les raisons du choix musical et la carrière de l’artiste.

Ken de Korogo, pourquoi avoir choisi le reggae ?

J’ai été sensible aux messages de Bob Marley et même si je me suis toujours dit que je ne serai jamais comme lui, j’ai choisi le reggae comme fil conducteur de mes messages.

J’ai pensé que je pouvais, à l’instar de Marley, sensibiliser le monde par un message social, celui de se placer toujours du côté des plus faibles sans dénigrer les plus forts ! Je voulais essayer de trouver les mots sans blesser et sans haine, voilà pourquoi je n’ai d’ailleurs jamais été intéressé par la politique, j’en suis incapable, ou alors je pense que mes textes sensibiliseront plus ceux qui écouteront mes chansons, car elles ne parlent que d’actualité.

Malheureusement parfois on aurait tendance à baisser les bras, car on pense quelquefois que l’on ne changera rien. Et pourtant !

Quelles sont les chansons reggae qui vous ont le plus marquées ?

Difficile de répondre à cette question. J’écoute beaucoup d’artistes, alors si j’avais à choisir quelques textes, je dirais Natural Mystic de Bob Marley, mais il y en a tant d’autres chantés par Alpha Blondy, Tiken, Serges Kassy, Kajeem etc. Chaque artiste a des titres d’excellence !

Combien d’album avez-vous à votre actif ?

J’arrive à mon 5ème album que j’ai fait chez Tiken, avec le groupe United de Marc Beni, et Echantillon, ingénieur du son et arrangeur. C’est un album 100 % ivoirien ! Ma fierté !!! Ça ne fait peut-être pas beaucoup d’albums pour toute une carrière, mais je ne chante pas pour chanter ! Je suis libre !

Les mots n’arrivent pas tous les jours dans mon assiette. J’ai aussi besoin de les vivre. Pour cela, il faut vivre avec un entourage qui vous nourrit de joie et de tristesse !  

Quels sont les titres phares de vos albums ?

Là encore que répondre ? Les textes sont tellement différents les uns les autres ! Maman, un texte en hommage aux mamans, femmes battues, est un sujet brûlant ! En Europe ou en Afrique, c’est la même violence conjugale ! Avant qu’on ne me pose la question : « avez-vous déjà frappé une femme ? », oui, j’ai déjà donné des gifles dans ma vie, par jalousie, stupidité, mais je me suis juré de ne plus le faire en écrivant ce texte !

Tchoko tchoko ! est une chanson qui dénonce l’impérialisme des plus forts sur les plus faibles. Je défends l’Afrique, car on en a trop profité ! L’Afrique n’est pas soumise ! C’est un partenaire ! Alors oui je suis fier de l’Afrique, et oui je suis de son côté ! 

Parlez-nous du plus beau souvenir de votre histoire avec le reggae ?

Peut être un peu banal pour certains, mais les moments les plus forts, c’est avoir signé avec Alpha Blondy production en 1996, travailler avec Tiken, Serges Kassy, Hass Keith, Solo… beaucoup de temps forts ! Et je suis fier d’être reconnu par mes pairs !

Quels sont actuellement vos projets majeurs?

Il y a la promotion de mon nouvel album à faire écouter le plus possible et tourner en live mais en Côte d’Ivoire avant tout ! Je veux sensibiliser la nouvelle génération tant oubliée!

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Côte d’Ivoire : le prochain Climbié Beach, c’est du 13 au 21 août 2022 !

La 32ème édition du Festival Climbié Beach du Royaume d’Assinie en Côte d’Ivoire est prévue du samedi 13 août au dimanche 21 août 2022. 9 jours pour célébrer la culture. Cette année encore, le village Sagbadou recevra les festivaliers pour des moments exceptionnels dans un royaume qui fait rêver…

Un royaume qui fait rêver

Avez-vous déjà eu vent de l’histoire d’Assinie ? Assinie Mafia chanté par Alpha Blondy… Non, je ne vais pas vous la conter, ce serait trop facile… rires. Parlons quand même un peu du Royaume.

Le royaume d’Assinie ainsi que ses villages sont particulièrement connus pour la qualité de la vie qui y règne, les belles plages ou encore la culture que le royaume travaille à préserver. Le sable, le paysage, les étendues d’eaux sont d’une beauté thérapeutique. L’environnement pourrait ressusciter les plumes, les pinceaux ou les voix d’artistes qui n’espéraient plus la visite de la muse.

Quand on entend Assinie, il faut le dire, on pense aussi et surtout à la vie sélecte, au luxe. Tout le monde ne peut pas se permettre de passer une nuit au bord de la mer, à Assinie. (à moins d’être natif du royaume, invité ou d’avoir de l’argent…) Néanmoins, je pense que le festival peut être une solution pour que tout le monde puisse goûter à la beauté du royaume d’Assinie. Les conditions sont réunies pour vivre des moments exceptionnels. Les natifs hébergent des festivaliers, les chambres d’hôtes sont à moindre coûts, etc.

Ce qui attend les festivaliers pour 2022

On pourrait tout vous dire mais le découvrir reste fabuleux ! Pour avoir été au festival en 2021, je peux vous assurer que la prochaine édition sera haute en couleur. Climbié Beach, c’est le Festival ! Vous pourrez arriver le jour du grand concert à la plage, en faisant un aller-retour afin de découvrir Miami à l’Ivoirienne mais je vous conseille de vous arranger pour arriver tôt ! Lors de la dernière édition, des gens arrivaient même après 17 h ! Ils nous ont demandé le chemin à nous qui quittions alors les lieux…

Aperçu de la fête sur la plage lors de la 31ème édition du festival, Lisi YAO

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Sincèrement, il y a beaucoup à perdre quand on arrive seulement pour la fête sur la plage mais bon, on ne va pas en vouloir à ceux qui ne peuvent pas arriver avant. Seulement, il faut que je dise ce qu’on rate alors.

Lorsqu’on arrive le dernier jour du festival, on passe à côté du défilé des 7 grandes familles du royaume d’Assinie, le marathon, les concerts de nuit sur la place des maquis… Ai-je besoin de parler encore ?

Nous sommes invités à venir découvrir, redécouvrir la tradition Essouman et profiter de la vie ! Toutes les générations, tous les peuples s’y retrouvent.

N’hésitez pas à visiter la page du Festival pour vous en faire une idée en couleurs !


Mondoblog, une école pour l’écriture web

Mondoblog est une école pour l’écriture web. Je fais toujours partie de cette aventure et en grande partie je donne aujourd’hui des formations en Rédaction Web grâce à cette expérience. Malgré mon diplôme en journalisme, je ne savais pas comment bien écrire pour le web avant d’intégrer Mondoblog.

Je tenais certes un blog avant de réussir le concours Mondoblog en 2020 mais j’écrivais pour écrire… J’ai écrit sans connaître les bases du « langage web ». Avec mon expérience de blogueuse de la communauté des blogueurs francophones de RFI, j’ai clairement amélioré mon écriture. J’ai entre autres appris qu’il faut privilégier la voix active, faire court, illustrer et bien illustrer…

Avec l’école Mondoblog, on gagne un lectorat plus large et on écrit bien pour le Web !

Avez-vous déjà entendu parler de SEO ? Et bien, qui écrit pour le Web et ne sait pas ce que c’est, n’est pas à jour. Le plugin est d’office installé sur le blog Mondoblog. De plus, à l’école Mondoblog, une équipe est là pour aider. Elle aide à tendre vers la meilleure version possible en termes de production de billet !

Capture analyse SEO de mon premier billet sur Mondoblog

Je rappelle à toutes fins utiles que la communauté Mondoblog c’est plus de 900 blogueurs francophones repartis dans 50 pays.

Le concours Mondoblog est ouvert jusqu’au 15 mars 2022

Richard Konan, auteur de Sous le Baobab et moi sommes plusieurs fois revenus sur cette information. C’était à l’occasion de la formation en Techniques de rédaction web que nous avons animée.

Nous savons bien les bénéfices qu’il y a à faire partie de la grande famille des blogueurs de RFI. Une participante à la formation, créatrice de La cuisine de Caro semblait particulièrement intéressée par le concours. Certains des autres amis par contre, pensaient que ce n’est pas le moment pour eux de se lancer. Leur argument : le manque d’expérience. Nous avons quand même essayé de les encourager et espérons qu’ils tenteront leur chance ! Le dicton ne nous apprend-t-il pas que qui ne risque rien n’a jamais rien ? 

J’ai pris plaisir à répéter que la première fois, le concours n’avait pas marché pour moi… Qui le savait à part moi ? Il n’y a que lorsque l’on réussit que l’on peut facilement parler de ses échecs. Alors, à bientôt dans la grande famille Mondoblog !


Formation en rédaction Web : nous avons eu un beau partage!

Notre formation sur le thème Techniques de rédaction Web, ce 5 mars 2022 à Abidjan (Côte d’Ivoire), a été un moment de partage très enrichissant. Richard Konan et moi-même, journalistes et blogueurs pour Mondoblog avons entretenu l’auditoire sur deux modules. Ces modules sont : Découvrir la rédaction Web et Les bases du SEO. Avec Regina, l’organisatrice de la formation, ce fut le temps du partage d’expérience pour terminer. Alors qu’elle était étudiante à Dakar, elle a pu « joindre les deux bouts » grâce à la rédaction…

Comment bien écrire pour le Web ?

Beaucoup de personnes qui écrivent, dont des journalistes, pensent qu’écrire pour le web est du gâteau… Et pourtant, si des aptitudes pour l’écriture que je nomme traditionnelle sont un atout indéniable, le web a un fonctionnement particulier. La transition, même pour les professionnels de l’information, de la communication ; pour les auteurs, n’est en effet pas toujours facile. Heureusement qu’on peut apprendre ! Et nous avons appris pendant notre formation.

L’évolution technologique et les habitudes de notre ère imposent que ceux qui veulent communiquer via le Web s’instruisent à propos de l’écriture web.

Les bases pour bien écrire pour le web

Comme d’accoutumé, j’ai partagé avec les auditeurs présents à la formation les bases pour bien écrire pour le web :

  • créer un contenu original ;
  • utiliser le plus possible la voix active ;
  • faire des phrases courtes (moins de 20 mots) ;
  • faire des paragraphes de moins de 300 mots ;
  • utiliser des intertitres ;
  • utiliser des images légendées ;
  • éviter les fautes ;
  • etc.

Je me suis par ailleurs un tant soit peu attardée sur les similitudes ainsi que les différences entre l’écriture traditionnelle et l’écriture dite moderne.

Similitudes et différences majeures entre l’écriture journalistique (pour le papier) et la rédaction web

En journalisme, tout élément d’information, en dehors de la brève qui peut ne pas avoir de titre, doit en avoir. Quel serait en outre une information sans corps ? C’est le corps qui fait l’information.

Généralement, pour l’écriture traditionnelle comme pour celle destinée au Web, il faut un titre, une introduction, un corps et une conclusion. Aussi ces éléments doivent-ils être les réponses à des questions que l’on se pose, que l’on pose. Mieux, des réponses aux questions que peuvent se poser le lecteur.

Si pour le journaliste la pyramide inversée est la règle sacrée, le blogueur ou plus largement celui qui écrit pour le web, peut se permettre de ne pas la respecter. Il peut en effet décidé de parler des détails avant d’en arriver au fait, à l’information principale. Mais attention ! Seuls ceux qui ont déjà un lectorat, une communauté scotchés, pourraient aisément oser le faire. Sur Internet, on n’a pas le temps. Lorsque l’on voit que c’est long et que l’on ne trouve pas l’info, on peut très vite passer à autre chose.

Qui prend un journal veut d’office le lire, qui tombe sur un post, un billet ou autre, pas forcément !   Alors, quelles sont les similitudes et les différences entre l’écriture journalistique (pour le papier) et la rédaction Web évoquées ici ? 😉

Le SEO ou l’ensemble des techniques pour améliorer sa visibilité sur le web

Maître Richard Konan je sais qu’il ne va pas aimer que je l’appelle ainsi mais ça ne risque pas de provoquer une guerre nous a entretenu sur le SEO. Il nous a parlé de ses 3 piliers, de ses avantages et de ses inconvenants. Et oui, il y a toujours un petit côté pas cool ! Ce qui est par ailleurs intéressant, c’est qu’avec un blog vous pouvez installer gratuitement le plugin Yoast SEO et suivre les recommandations !

A propos des trois piliers du SEO, nous pouvons d’abord citer la technique, ensuite le contenu et enfin la popularité. Le hic c’est qu’il peut y avoir des mises à jour et que c’est le patron, le moteur de recherche qui fixe les règles, joue et est l’arbitre ! Cela n’a pas l’air très clair ? Venez à nos formations ou soyez bloggueur Mondoblog ! 😉

Un partage que nous avons tenu à faire

Initialement prévue pour le 26 février 2022, notre formation a due être reportée au 5 mars. L’organisatrice, rédactrice web a partagé sa belle expérience.

A l’époque étudiante, à Dakar, elle écrivait pour un magazine, ce qu’il l’a bien aidé. Regina était en effet étudiante avec son petit frère, à Dakar, alors que la crise sociopolitique battait son plein en Côte d’Ivoire. 2011. Il y avait des familles de réfugiés chez ses parents en Côte d’Ivoire. Son frère et elle ne recevaient plus les sommes d’argent habituelles pour vivre à Dakar. Regina qui avait vu une annonce invitant à envoyer des textes qui seraient par la suite publiés par un magazine a été appelée par le patron du magazine après lecture de ses nouvelles. Il lui a proposé de travailler pour son mag… La jeune femme avait son premier contrat. Avec l’écriture, elle a toujours gagné de l’argent.  

La rédaction web, un bel outil d’expression et d’épanouissement !

C’est avec fierté que j’ai parlé, lors de la formation, de mes billets mis sur le home page de Mondoblog, de mon article sur Miss littérature, de cet autre sur la pénurie d’eau dans un quartier d’Abidjan qui a participé à vite faire régler le problème… J’ai aussi évoqué mon billet dans la Newsletter de RFIAh celui-là, je n’ai su pour lui que des mois plus tard ! Faut lire ses mails ! De ces autres sponsorisés, commandés…

La rédaction est un métier qui nourrit son homme et qui vous permet en plus d’avoir du temps pour vous !  Il faut surtout de l’amour pour la chose, de la pratique, une mise à jour permanente et de l’organisation. Après quoi, les bénéfices coulent de source ! On peut écrire un article, un billet, des communications, des scénarios ou bien des discours…

Nos participants qui nous ont autant enrichis sont repartis satisfaits de la rencontre.

Photo de famille à la fin de la formation, photo publiée avec l’aimable autorisation de Regina Goueu


La fondation Konrad Adenauer renforce les capacités de 30 community managers

La fondation Konrad Adenauer a organisé un atelier de formation au profit de 30 community managers (CM). Cet atelier s’est déroulé du 29 novembre au 1er décembre 2021 à Yamoussoukro. La compréhension de l’écosystème digital était au cœur des échanges.

Qu’entendre par médias sociaux ? 

Les médias sociaux sont avant tout des plateformes numériques. Ces plateformes permettent la production et le partage de contenus avec des personnes parfois interconnectées. La spécificité des médias sociaux réside dans leur caractère interactif. Ils donnent en effet la possibilité à l’émetteur du message (la personne physique ou morale) et au public (les internautes) d’échanger. Les échanges peuvent en outre se faire de façon instantanée. Une option qui n’existait pas avec les médias traditionnels.

Définir les éléments essentiels de l’activité du community manager est important. L’exercice a d’ailleurs fait l’objet de l’introduction de Paola Audrey. La formatrice était chargée de la session Production de contenus de qualité sur les médias sociaux.

Facebook, YouTube, Twitter, Instagram, LinkedIn, Snapchat et enfin TikTok sont quelques-unes des plateformes sociales les plus présentes dans notre quotidien.

Pourquoi être présent sur les plateformes sociales ?

Il est impératif pour une personnalité ou une organisation d’être en accord avec son temps. Le besoin de communiquer efficacement et même d’exister ne saurait en effet être comblé aujourd’hui en ignorant les progrès technologiques.

Il faut donc marquer sa présence sur les médias sociaux pour exister et impacter. C’est justement au niveau de l’impact souhaité qu’intervient le CM, un professionnel de la communication via les plateformes numériques. Les responsabilités de ce dernier ne peuvent cependant être efficacement assumées que s’il a conscience de certaines réalités.

Le spécialiste en communication Gerard Guedegbe a souligné que le social media manager doit aimer son travail. Aussi a-t-il soutenu qu’il faut fusionner avec la vision de la personnalité ou de l’organisation qui le sollicite. Pour cela, il doit se connaître (ses valeurs, ce qu’il accepterait ou pas de faire), faire une enquête préliminaire, l’analyse des forces, faiblesses, menaces et opportunités. C’est ainsi qu’il pourra définir la stratégie et le canal de communication adaptés aux objectifs visés. Tout ceci dans le but d’imposer son agenda, d’attirer et de retenir l’attention des internautes.

Comment être présent sur les médias sociaux ?

Retenons que de façon générale, Facebook paraît incontournable pour marquer sa présence en ligne. Ses utilisateurs ont des profils très variés. Twitter, le média initialement créé pour le partage de nouvelles (informations), implique lui une communication concise. Il fait penser à un contexte de spécialistes qui parlent à une communauté. Quant à Instagram, c’est le chouchou des marques, le média social par excellence de la promotion de l’image… On privilégiera YouTube pour un artiste dans le but de partager ses films (clips).

Notons qu’on peut utiliser toutes les plateformes. Leur choix dépend des objectifs à atteindre. L’expérience partagée grâce à la fondation Konrad Adenauer rappelle qu’un bon manager de communauté doit cependant connaître leurs fonctionnements.

assemblée
Partage d’expérience avec quelques formateurs
Photo publiée avec l’aimable autorisation de Pacome Sea

L’exigence de la création d’un contenu de qualité

Travailler pour une personnalité ou une organisation implique la production d’un contenu de qualité. Le même principe s’applique quand on souhaite être une référence (branding personnel).

Un contenu de qualité est un contenu intéressant et fiable parce qu’il transpire la crédibilité et l’innovation. Celui qui communique doit être alerte, faire de la veille, être ingénieux et surtout partager des informations crédibles. Ces informations qui ne creusent pas un écart considérable entre l’image voulue et l’image réelle.

Valdez Onanina de Africa Check est revenu sur des techniques de vérification d’images et de vidéos. Il faut rappeler que les vecteurs de fausses informations et de messages haineux s’exposent à des peines. Des mesures de sécurité sont donc à prendre, aussi pour protéger les comptes d’une suppression sur les plateformes ainsi que des prirates.

Les gestionnaires des plateformes sociales formés par la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) ont été invités à être curieux des évolutions dans le secteur des médias sociaux. Ils sont conviés à l’exploration de Dikalo, un réseau social créé par un Camerounais et un Ivoirien. 

La fondation Konrad Adenauer s’intéresse au développement des médias. Elle organise à cet effet diverses formations pour le renforcement des capacités des acteurs des médias.

photo de groupe
Photo de famille
Photo publiée avec l’aimable autorisation de Pacome Sea

Retrouvez des films des sessions de la formation sur la page Facebook de la fondation.


Entretien avec Genevieve Gaissibe, infirmière spécialisée en gériatrie

La gériatrie, spécialité médicale qui s’intéresse aux personnes âgées, est le domaine d’intervention de Genevieve G., fondatrice de Ageing and Health Cameroon Association. L’infirmière nominée dans la catégorie « Médical innovation 2021 » par la Jeune Chambre Internationale Cameroun et qui représentera son pays en Afrique du Sud dans la même catégorie nous entretient sur sa spécialisation ainsi que les défis liés à la construction d’un cadre de vie idéal pour la personne âgée.

Que dirait Genevieve G. pour parler brièvement d’elle ?

J’ai 29 ans, je suis une femme célibataire sans enfant. Je suis la 3ème née d’une famille de 6 enfants ; une coiffeuse professionnelle (rires), ancienne cuisinière, formatrice. Je suis la Coordinatrice de Ageing and Health Academic et Home Care services. J’ai en outre été certifiée « servante leadeur » par Cameroon leadership academy et honorée par le Médecin et écrivain Sénégalais Moussa Mama Diaw.

Qu’est-ce qui vous a orienté vers la gériatrie ?

Je me suis d’abord intéressée à la gériatrie par curiosité après ma formation générale, surtout qu’il s’agissait d’une bourse offerte par mon école pour la spécialisation, même si elle n’était pas subventionnée. Il y a ensuite deux incidents marquants qui m’ont poussée à bout. Le premier s’est produit en 2014 quand mon papa a été abandonné et maltraité par des infirmières à l’hôpital. Il était dans une déstresse respiratoire, il faisait une crise d’asthme après une allergie. Malgré le fait qu’il soit diabétique, on lui administrait du glucose. Je n’aime pas trop parler de cette expérience. Tant que tu n’as pas été victime d’une situation tu ne sauras jamais l’importance d’une spécialité.

Le second incident s’est produit lors de mon stage communautaire en gériatrie. J’ai rencontré un papa de 75 ans, papa Divine, paix pour son âme.  Il avait toutes ses facultés intellectuelles, mais a été abandonné par sa famille et ses proches. Après avoir échangé avec lui pendant des heures, je me suis dit que je ne voulais pas finir ainsi. Cela m’a poussée à faire des enquêtes sur les besoins des personnes âgées en six semaines. J’ai ressenti le besoin de me donner à fond dans la gériatrie et les services liés. Il y a trop à dire sur cette enquête faite au Cameroun, au Sénégal, et en Côte d’Ivoire.

Un amour sincère s’est développé pour la spécialité gériatrie médicale et sociale.

Quel constat faites-vous du cadre de vie des seniors dans les pays africains que vous connaissez ?

Les seniors ne sont pas des personnes vulnérables comme nous le pensons. La vieillesse n’est pas une maladie, mais simplement un processus comme la grossesse. Les personnes âgées sont des individus qui peuvent être vulnérables et marginalisés. Elles sont néanmoins, surtout avec l’expérience de vie, des bibliothèques culturelles.

La personne âgée est le garant de nos cultures et traditions.

Il y a-t-il une différence avec l’environnement aux Etats-Unis où vous avez étudié la gériatrie ? 

Oui, oui ! La gériatrie est bien différente dans les pays développés, vu que l’Etat joue son rôle pour la population vieillissante, malgré le fait que ce soit une nouvelle spécialité et que la population est très vieillissante. Les assurances, les ONG, etc. s’investissent.

Je pense qu’en Afrique la gériatrie aura sa meilleure version à cause de nos valeurs, même si nous les perdons de jours en jours.

Quel est la politique du Cameroun, votre pays d’origine, en termes de soins destinés aux personnes âgées ?

La politique au Cameroun n’est pas toujours la meilleure. En Afrique en général, chacun « pense à son ventre ». J’adresse cependant mes félicitations parce qu’il y a un service de Gériatrie au CHU de Yaoundé mais cela ne suffit pas car la gériatrie est très vaste avec ses besoins. Il y a un combat à faire. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant à propos de notre politique de soins pour les personnes âgées.

Il existe des maisons de retraite privées pour accueillir les personnes âgées vulnérables et malades pour une bonne prise en charge, mais sans subventions… Et cela est normal puisqu’il n’y a pas de formations pour savoir comment s’y prendre avec les personnes âgées.

Quels sont les acquis, les succès de votre ONG Ageing and Health Cameroon ?

Je veux tout d’abord féliciter mon équipe qui se bat jours et nuits pour trouver des stratégies pour que les personnes âgées soient considérées et vues comme des héros. Depuis la création de cette ONG en 2016, malgré les challenges, nous avons du succès. Sans subvention, nous avons fait des campagnes, assisté des personnes âgées ainsi que des familles médicalement et socialement. Nous avons eu plus d’expérience, ce qui nous permet de développer d’autres éléments pour la bonne marche des organisations Ageing and Health home Care, Ageing and Health Academic et Sahel foundation.

Qu’en est-il de vos principaux défis ?

Nous devons, pour commencer, faire comprendre aux gens que les services de gériatrie sont différents des maisons de retraite. On continue de confondre les services de gériatrie avec les maisons de retraite.

Il faut ensuite faire intégrer aux gens qui pensent toujours à se faire de l’argent, que quand on parle de gériatrie ou des services liés, il faut d’abord considérer le problème qu’ils peuvent résoudre.

Enfin, beaucoup de personnes viennent à la gériatrie par suivisme et manquent de professionnalisme… Nous devons régler ces questions.

Vous avez organisé des activités en faveur des seniors en Côte D’Ivoire… leur bilan ?

Nou avons organisé deux activés principales avec l’ambassadrice de Ageing and Health Cameroon Association en Côte d’Ivoire, Miss Bedou Azélé. Ce sont « la journée internationale de la maladie d’Alzheimer » et « la journée internationale de la personne âgée ».

Le bilan est très satisfaisant et l’engagement des personnes âgées dans la commune choisie était encourageant. Les personnes âgées et les chefs des communautés ont compris qu’ils avaient une voix.

Le projet Echange intergénérationnel qui se met en place, me fait penser que la gériatrie et les services liés à cette spécialité ont été compris et validés.

Pouvez-vous nous raconter un fait marquant de votre parcours de gériatre ?

Le sourire redonné à une famille au sein de laquelle il y avait des disputes… Il était difficile de s’entendre sur lequel des enfants devrait rester avec le parent malade. Les questions financières, quant à la prise en charge, ont aussi créé des problèmes entre les enfants.

Le parent atteint d’Alziehmer était abandonné à lui-même mais après mon intervention, une paix et une réconciliation totales se sont invitées dans la famille en dépit de la mort du parent des mois plus tard.

Le fait que mon papa soit mon fan numéro 1 alors qu’il n’y croyait pas (rires) marque aussi mon parcours. Mon papa fait aujourd’hui plus de recherches sur ma spécialité que moi et m’informe de l’actualité…

Genevieve Gaissibe coiffant un senior, Berthelot

Quelles sont les cinq actions concrètes qui doivent être mises en œuvre pour favoriser une meilleure prise en charge des personnes du 3ème âge ?

La formation sur les sujets liés à la gériatrie, la création de services de gériatrie dans les hôpitaux, la mise en place de maisons de retraite subventionnées pour les personnes âgées vulnérables et abandonnées, la réalisation de documentaires sur les personnes âgées, l’instauration d’un service d’écoute pour personnes âgées dans tous les domaines d’activité et surtout pour la préparation de la retraite.

Un appel à lancer, un message ?

Oui ! La personne âgée, c’est vous et moi. Nous avons tous au moins une personne âgée autour de nous. Les personnes âgées qui n’ont pas d’argent en Afrique sont généralement considérées comme des sorciers et on leur attribue d’autres noms d’oiseaux mais rapprochons-nous d’elles et vous verrez…

Merci pour cette interview.


Quel futur sociopolitique pour la Côte d’Ivoire ?

En Côte d’Ivoire, on dénombre plusieurs partis et coalitions politiques. Le Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), le Front populaire ivoirien (FPI) et le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) pèsent dans la balance. La récente formation politique de Laurent Gbagbo, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), ne pourrait par ailleurs être minimisée.

Les surprenantes unions et les divorces de politiciens depuis les années 90 ainsi que la mise en avant de nouvelles ambitions politiques ces dernières années laissent s’interroger sur l’avenir sociopolitique du pays qui attirait la sous-région pour sa stabilité et son potentiel économique.

Les forces en présence en Côte d’Ivoire

Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA)

Citons, pour commencer, le « vieux parti ». Il est sans conteste une formation politique de poids. C’est le parti d’Houphouët-Boigny, premier Président de la République de Côte d’Ivoire qui a régné pendant 33 ans. Le pouvoir exécutif est resté entre les mains du PDCI 39 années durant. Le PDCI est le principal pilier du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) qui favorise la victoire d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle ivoirienne de 2010.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI)

Il est l’historique parti d’opposition sous la bannière duquel Laurent Gbagbo est face à Houphouët-Boigny en 1990. Mieux, Laurent Gbagbo remporte les élections de l’an 2000 en tant que candidat du FPI. C’est le premier parti qui exerce le pouvoir après le PDCI.

Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP)

La troisième force que l’on peut citer est le RHDP qui était, à l’origine, le regroupement du PDCI et du Rassemblement Des Républicains de Côte D’Ivoire (RDR) d’Alassane Ouattara ainsi que d’autres partis dont l’Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire (UDPCI). Créée en 2005, la coalition assure la victoire d’Alassane Ouattara face à Laurent Gbagbo en 2010. Elle présente son candidat et donc celui de tous les partis qui la composent en 2015. Ce dernier, notamment le Président sortant Alassane Ouattara remporte alors l’élection haut les mains avec 83% des voix. Grâce à la coalition, il n’a pas véritablement d’adversaire.

Notons que le nouveau-né, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a sa place dans les rangs des forces en présence en Eburnie, parce qu’il a pour président Laurent Gbagbo. Laurent Gbagbo, l’ancien président de la République mais surtout Laurent Gbagbo, l’ex N°1 du FPI.

Le théâtre des mariages et des divorces de politiques

Quelqu’un a dit que « toutes les alliances politiques sont bonnes à faire », peut-être parce que l’essentiel est de conquérir le pouvoir, de l’exercer. Depuis 1995, année de la première élection présidentielle après la mort d’Houphouët-Boigny, on assiste à des soutiens et des alliances entre politiciens, partis politiques puis à des ruptures qui participent à l’instabilité sociopolitique en Côte d’Ivoire.  

Le soutien de Gbagbo à ADO en 1995

Alassane Ouattara dit ADO, président actuel de la Côte d’Ivoire, a été l’unique Premier ministre sous Houphouët-Boigny. Houphouët-Boigny lui a confié la tâche en 1990. Lorsque Houphouët meurt en 1993, la question de sa succession est d’actualité. Henry Konan Bédié (HKB), « le dauphin » ou celui à qui on a fait appel entre autres pour ses qualités d’économiste ? Qui pour gouverner ?

Après ses deux années d’exercice (1993-1995), HKB, l’ancien Président de l’Assemblée Nationale demeure à la tête du pays suite à son élection face à un seul adversaire en 1995 : le candidat Francis Wodié du Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT). L’un des potentiels adversaires de poids, ADO, ne pouvait, en effet, se présenter à l’élection à cause de la réforme du code électoral en décembre 1994.  Le fameux article 49 du code stipulait que les candidats à la présidence devaient être de père et de mère ivoiriens. L’on disait alors de la nationalité du Président ADO qu’elle était « douteuse ».    

L’autre éventuel opposant de poids, Laurent Gbagbo, était pour le boycott des élections. Un boycott pour marquer son soutien à ADO, exclu de la course à la présidentielle.

Troubles sociopolitiques de 1999 à 2011

Henry Konan Bédié quitte le fauteuil présidentiel après le coup d’Etat du 24 décembre 1999. Le Général Robert Guéï prend les rênes du pays. Alassane Ouattara qui était en France rentre en Côte d’Ivoire et compte se présenter à l’élection présidentielle. Seulement, l’article 35 de la nouvelle constitution dispose que « (…) Le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante-quinze ans au plus. Il doit être ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine (…) Il doit avoir résidé en Côte d’Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections (…) ». Outre la même problématique liée à la nationalité à prouver, l’article 35 disqualifiait les candidats Alassane Ouattara et Henry Konan Bédié pour n’avoir pas résidé de façon continue en Côte d’Ivoire de 1995 à 2000.

Les résultats de l’élection de l’an 2000 annoncent la victoire de Laurent Gbagbo avec 59% des voix. Une victoire contestée par Robert Guéï en deuxième position avec 32% des votes. Le 19 septembre 2002, une rébellion armée bouleverse l’atmosphère déjà tendue en Côte d’Ivoire. Il y a plusieurs morts, le général Guéï est assassiné. Le pays est coupé en deux.

Le Président Laurent Gbagbo est à la tête du pays pendant dix ans. Aucune élection présidentielle n’a cependant lieu avant le 31 octobre 2010 à cause de la crise qui divise le pays. Parmi les dispositions prises afin d’établir la paix, figure l’acceptation des candidatures des représentants des partis politiques signataires des accords de Marcoussis pour la prochaine élection présidentielle. Alassane Ouattara a ainsi son passeport pour tenter sa chance d’être Président de la République de Côte d’Ivoire.

Union Bédié-ADO

Henry Konan Bédié est classé 3ème à l’issue du premier tour de la présidentielle de 2010. Il obtient 25 % des voix quand Gbagbo et ADO ont respectivement 38 et 32 %. Bédié, membre de la coalition RHDP née depuis 2005 soutient ADO. Les leaders des partis de la coalition invitent leurs partisans à voter ADO. Alassane O. est proclamé vainqueur par la Commission Electorale Indépendante le 2 décembre 2010 mais ce résultat est invalidé par le Conseil constitutionnel qui donne Gbagbo vainqueur. S’ensuit la crise post-électorale ayant fait officiellement 3000 morts.

Le RHDP règne en maître

Pour les élections de 2015, Alassane Ouattara n’a en face de lui que Pascal Affi N’Guessan, Président « d’une partie du FPI ». Le FPI est en effet disloqué depuis l’arrêt de Laurent Gbagbo et les soupçons pesant sur Affi N’Guessan. Ce dernier est soupçonné de trahir la lutte, de n’agir que pour ses intérêts et même d’être à la solde d’ADO.

Le candidat du RHDP remporte l’élection sans difficulté. Tout va bien dans le meilleur des mondes. L’article problématique de la constitution de 2000, le 35, ne cause plus de souci. Désormais, toute personne, ivoirienne de père ou de mère peut prétendre à la magistrature suprême. L’article 55 de la constitution de novembre 2016 tient la promesse de la reforme faite par ADO lors de sa campagne. Il n’y a plus d’âge « plafond » pour se présenter à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Bonne nouvelle pour les seniors, vétérans de la politique !  

Dislocation du RHDP

Le projet de faire du RHDP un parti en 2018 pousse HKB à se retirer de la coalition. Mabri Toikeusse de l’UDPCI continue cependant la marche avec ADO. Une marche qui devient difficile lorsque ce dernier désigne Amadou Gon Coulibaly comme candidat du parti pour la présidentielle de 2020. Les plus grands partis anciennement membres du RHDP, à savoir le PDCI et l’UDPCI s’inscrivent même dans la logique du Conseil National de Transition (CNT).

Retour de Laurent Gbagbo et création du PPA-CI

Après 10 ans à la Haye, le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ne passe pas inaperçu. Entre liesse de sympathisants partis l’accueillir, affaires conjugales rocambolesques, bruits de création d’un nouveau parti, il y a de quoi discuter. Gbagbo décide de « laisser entre les mains » de Simone Gbagbo de qui il veut divorcer et de Affi N’guessan, un FPI disputé.  

Lors du congrès constitutif du Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI), ces 16 et 17 septembre 2021, L. G. confirme qu’il n’est pas près de quitter la scène politique.

A quels candidats et alliances politiques doit-on s’attendre pour 2025 ? La loi fondamentale sera-t-elle « mise à jour » ?

La tendance des candidatures indépendantes

Il y a eu 807 candidats indépendants sur 1 533 pour les législatives 2021. Nombre d’entre eux ont tenté leur chance après avoir essayé d’acquérir le soutien de leurs partis. Peut-être devrions-nous nous attendre à cette configuration pour la présidentielle de 2025 : une multitude de candidats indépendants et jeunes qui bouleverseront le paysage politique.