Lisi YAO

Quand mon implant contraceptif m’a fait voir rouge…

Quelque temps après la naissance de mon fils, j’ai décidé de me faire poser un implant. Je me souviens qu’à ce sujet, mon frère m’a posé une question plutôt gênante. « Si tu ne vois personne, pourquoi as-tu besoin de mettre un implant ? » avait-il demandé. Effectivement, je n’étais pas censée avoir besoin de me « protéger », vu que j’étais séparée d’avec le père de mon enfant depuis un moment et que je n’avais pas dit que je voyais quelqu’un d’autre…

Sur le coup, je n’avais pas de réponse à donner. Et puis, il m’arrive tellement souvent de ne pas avoir les bons mots, les bons arguments sur le moment… Il m’arrive de « beuguer ». Je ne suis jusqu’à ce jour vraiment à l’aise que lorsqu’il s’agit d’écrire. Voilà aussi pourquoi j’ai décidé de me jeter à l’eau aujourd’hui, en vous racontant un bout de mon expérience avec les implants. Même si cela m’avait été déconseillé par une amie. Peut-être que mon « témoignage » parlera à plus d’une femme ?

Le choix d’un implant comme méthode contraceptive

Avant de me décider à placer un implant, j’ai un peu réfléchi, écouté des témoignages et lu. Le jour de mon entretien dans le bureau des sage-femmes a été un temps soit peu émouvant. Vous savez, on vous demande combien d’enfants vous avez, combien de fois vous avez été enceinte, votre situation matrimoniale… Et c’était encore un peu dur pour moi de parler de tout ça, même si j’ai très souvent un humour que je ne manque pas, à l’occasion, de partager avec le personnel de santé qui rigole parfois avec moi.

Un entretien qui m’a mise à l’aise

Les différentes méthodes contraceptives m’avaient été présentées, et je me souviens avoir demandé celles qui auraient le moins de conséquences ou d’effets secondaires. Bien que je préfère les injections au supplice de la prise de médicaments sous forme de comprimés lorsque je suis souffrante, il m’était difficile d’opter pour la contraception via les injections. L’intervalle entre les injections me semblait trop court sinon, je ne me faisais pas à l’idée de donner un rendez-vous ponctuel aux seringues. Je n’étais quand même pas malade pour m’infliger ce sort ! Et puis, j’aurais probablement manqué un rendez-vous à l’hôpital ou négligé de m’y rendre. Il n’était pas non plus question d’opter pour les pilules. J’ai une petite aversion pour les cachets et du mal avec la discipline inhérente à la prise de pilules. Le stérilet ? Non. Je préférais clairement, à l’époque, avoir un truc dans le bras plutôt que dans le vagin. J’ai alors opté pour l’implant. J’en voulais un pour une durée de cinq ans, mais les sages-femmes m’ont demandé de reconsidérer mon choix. J’ai fini par écouter leur conseil et opter pour la solution sur trois ans. La pose n’a pas du tout été douloureuse, et j’ai beaucoup apprécié le service des sage-femmes, du petit entretien aux réponses à toutes mes questions concernant la pose de l’implant. C’était à l’Hôpital Général de Bingerville.

La période de 2019 à 2022 : l’époque où je filais le parfait amour avec ce bâtonnet dans le corps

J’avais eu vent de plusieurs effets secondaires dus au port d’un implant : prise de poids, augmentation des périodes de sommeil, vertiges, etc. J’avoue que pour la prise de poids, ça aurait été un avantage pour moi, bien que j’eusse déjà pris plusieurs kilos du fait de la grossesse. J’aimais bien cette « nouvelle tendance », même si l’expérience des cuisses qui se frottent n’était pas agréable. Pendant longtemps, franchir la barre des 55 kilos était une agréable surprise. Je me trouvais trop mince, peut-être à cause des standards martelés par mon environnement…

De la date de la pose de mon premier implant, c’est-à-dire le 4 novembre 2019, à la date prévue pour son retrait, le 4 novembre 2022, je me portais comme un charme, comparativement au calvaire que j’ai vécu pendant que je portais mon deuxième implant !

J’avais mon petit bâtonnet dans mon bras gauche, qu’il me plaisait de toucher, même de caresser, de temps à autre. Aussi, pour me rassurer qu’il ne s’était pas « perdu », car j’avais entendu des récits selon lesquels certains implants avaient disparu dans le bras de femmes, surtout celles en chair.

Que s’est-il donc passé après cette belle période ?

23 novembre 2022 : le début d’un calvaire que je ne soupçonnais pas. Ma première expérience avec l’Implanon NXT 68mg s’était si bien passée que j’ai décidé de « reconduire l’opération ». C’est alors que je me suis rendue dans le même hôpital pour le retrait de mon premier implant et la pose d’un autre, le 23 novembre 2022. Je devais le retirer 3 ans plus tard, mais je n’ai pu le porter que 10 mois. Le 4 septembre 2023, je recevais la délivrance…

Tout a commencé avec des sensations d’étouffement, des douleurs à la poitrine, des nausées, mais aussi et surtout des étourdissements. J’avais souvent l’impression que j’allais tomber dans les pommes. La fois la plus marquante et la plus effrayante était cette fois où je me sentais tomber dans le bus alors que j’étais debout. Je n’avais pas eu de place assise. Voyant que je n’allais pas bien, un voyageur m’a cédé sa place. Au début, j’avais voulu la refuser, mais il a insisté, heureusement ! Je me suis sentie un peu mieux lorsque je me suis posée.

Les allers-retours à l’hôpital

Les allers-retours à l’hôpital étaient fréquents, mais la majorité des tests classiques étaient négatifs. C’est alors que mon médecin m’a prescrit d’autres examens à faire à l’Institut Pasteur : T4 libre, T3 libre, TSH. Ces examens m’ont coûté 45 000 FCFA. Je pense que cela est dû au fait que je n’avais aucune assurance à cette époque.

Après plus de deux semaines – j’ai dû reprendre les examens à la demande de l’Institut –, les résultats étaient là : je n’avais aucun problème, tout était normal. C’est alors que j’ai pensé à l’implant, et au rapport avec les hormones.

Le 4 septembre 2023, je me suis rendue à l’Hôpital Général de Bingerville. Après mon petit entretien avec une des agentes, elle m’a dit : « Si tu étais venue plus tôt, tu n’aurais pas dépensé autant d’argent. » Et elle avait raison. Dès le retrait de l’implant, j’ai senti une sorte de libération, un soulagement. Un vent libérateur. Depuis, je m’étais promis de partager mon expérience, et je pense que le stérilet sera mon prochain choix… J’ai appris qu’il ne se place que pendant les périodes de menstruation.

À propos de la «bonne réponse» que je n’avais pas eue à l’époque

Eh bien, on peut également contracter une grossesse lors de relations sexuelles non consenties, forcées… Alors, bien que cela puisse paraître étrange pour certaines personnes, peut-être qu’opter pour une méthode contraceptive est aussi une façon de se protéger de quelque chose… Tout compte fait, après la naissance d’un bébé, il est conseillé de laisser son corps se reposer au moins deux ans avant de porter un autre enfant. Et puis, tant qu’on n’est pas prêt, vaut mieux s’abstenir, et opter pour une méthode de contraception pourrait être une très bonne solution, tant que notre corps et cette méthode filent le parfait amour.


Le Forum économique KAS PDWA 2024 : un tremplin pour les entrepreneurs de l’Afrique de l’Ouest

Les entrepreuneurs de l’Afrique de l’ouest ont un tremplin pour le deploiement de leurs activités. Ce tremplin, ce sont les forums économiques de la Konrad Adenauer Stiftung (KAS).

Dans le cadre de son programme Dialogue Politique en Afrique de l’Ouest (PDWA – Political Dialogue in West Africa), la KAS donne rendez-vous aux parties concernées et intéressées par des thèmes d’actualité en lien avec l’économie. Cette année 2024, le forum s’est tenu sur le thème : « L’entreprise et le financement », un sujet qui intéresse. Le thème est d’intérêt car la plupart des entreprises en Afrique de l’Ouest ferment leurs portes au bout de trois ans d’existence. Selon les entrepreneurs, cela est principalement dû au manque de ressources financières.

Le manque de ressources financières empêche-t-il cependant de nombreuses autres personnes de créer de nouvelles entreprises, de se lancer dans l’entrepreneuriat ? La réponse est « non ». Que faut-il faire alors pour assurer la pérennisation des entreprises ? Surtout quand on sait que l’entrepreneuriat est une voie empruntée par plus d’un dans le but de créer des richesses ? J’ai trouvé des éléments de réponse au forum KAS PDWA 2024, au cours duquel j’ai eu le plaisir et l’honneur de modérer deux communications et un panel à Abidjan, ces 6 et 7 novembre.

La levée de fonds en Afrique

C’est l’intitulé de la première communication que j’ai modérée. Elle a été présentée par M. Gaëtan TOBO, Directeur Général de la microfinance Alliance pour le Développement de l’Épargne et du Crédit en Côte d’Ivoire (ADEC-CI). Vu que les ressources financières sont importantes pour la vie d’une entreprise, M. TOBO a entretenu l’auditoire sur les éléments clés qui favorisent une levée de fonds. Pour avoir racheté la microfinance ADEC en 2020, il était plus que bien placé pour orienter les nombreux entrepreneurs présents, venus chercher des solutions pour le développement de leurs business.

Les moyens alternatifs de financement pour les jeunes entrepreneurs

Nous en avons beaucoup appris avec M. TOBO sur les notions de Business angel, Love money et surtout sur l’importance de la bonne structuration du projet. La survie d’une entreprise dépend en effet d’une bonne organisation de base.

La majorité des jeunes entrepreneurs rêvent du crédit bancaire pour déployer leurs projets. Cependant, M. TOBO a invité à essayer la piste des Business angels et du Love money. Ces deux moyens de financement alternatifs souvent mieux adaptés aux projets, vu leur taille, leur nature et leur structure.

Les Business angels et le Love money

Le Business angel est une personne qui croit en votre projet, qui épouse votre vision et est prête à vous accompagner financièrement ou à tout autre niveau pour sa réalisation. C’est parfois un proche, une connaissance, un ami, un membre de la famille. Le Love money, c’est l’argent collecté grâce à la contribution de personnes qui croient en notre projet ou veulent tout simplement nous aider à le réaliser. Cet argent vient généralement de la famille, des amis, de toute personne qui veut nous aider à concrétiser notre projet. Le crowdfunding, un autre moyen de financement, permet quant à lui de collecter des ressources via des plateformes digitales dédiées. Il permet d’élargir le soutien à un plus large public.

M. TOBO a par ailleurs rappelé que le remboursement du financement, lorsqu’il est remboursable (dans le cas du Business angel, par exemple), et le fait de rendre compte sur la gestion de l’entreprise sont très importants pour sa bonne gestion.

Inspirer confiance et « sentir » le succès pour séduire les Business angels et « attirer » le Love money

Inspirer confiance : c’est la base pour susciter l’intérêt du Business angel, attirer le Love money et, à une plus grande échelle, intéresser les banques. Le Business angel ou encore l’ange qui vient nous aider à réaliser le miracle du déploiement de notre affaire grâce à sa participation financière, doit en effet, en plus de son amour pour nous et pour notre projet, avoir confiance en nous, en notre projet, dans le fait qu’il soit prometteur. Et cette confiance est nourrie par notre savoir-être et notre savoir-faire. J’ai envie d’ajouter : par notre savoir gérer et notre savoir fructifier. Les soft skills et hard skills doivent donc être au rendez-vous. Se former, acquérir des connaissances, comme l’a souligné M. TOBO, sont des clés pour inspirer confiance, susciter l’investissement d’un Business angel et attirer le Love money.

Formaliser son entreprise, un prérequis pour être éligible au financement bancaire

L’existence légale d’une entreprise est incontournable pour qui veut décrocher un financement auprès d’une institution bancaire. Être à jour de ses impôts également.

De nombreux entrepreneurs présents au forum économique de la fondation Konrad Adenauer ont cependant évoqué des freins à cette formalisation : la lourdeur administrative ainsi que les ressources financières nécessaires pour la formalisation de l’entreprise et pour le paiement des impôts. Sur le sujet, tous les intervenants des communications et panels ont signifié qu’aucune entreprise qui n’existe pas formellement ne peut se plaindre de ne pas obtenir des fonds auprès des institutions bancaires. Si vous n’existez pas légalement, aucune banque ne peut vous faire de crédit.

Mme MABEA, de la Direction des Opérations d’Assiette, a quant à elle rappelé les réformes mises en place par l’État de Côte d’Ivoire depuis plusieurs années pour simplifier la création d’entreprises et le paiement des impôts. Parmi ces réformes, l’on peut citer :

  • Le guichet unique ;
  • Les frais d’immatriculation désormais à 15 000 FCFA, avec des exonérations possibles pour certains statuts ;
  • La levée de l’obligation de notaire pour les SARL.

Sortir des sentiers battus pour réussir

Monsieur KOUAME, mon deuxième intervenant qui nous a entretenus sur le thème « Sortir des sentiers battus », n’a cessé de marteler que le premier obstacle qui freine les entrepreneurs est leur système de pensée. Il a donné, entre autres exemples, celui du suivisme en matière d’entrepreneuriat, qui pousse une personne à se lancer dans un business surtout parce qu’une autre l’a adopté et en tire quelques richesses, parfois dans un environnement pourtant saturé, où d’autres solutions pourraient être envisagées.

Chers entrepreneurs, que retenir?

En définitive, les ressources financières sont essentielles pour le développement d’une entreprise. Cependant, les entrepreneurs doivent eux-mêmes mettre toutes les chances de leur côté pour réussir leurs projets. Ils doivent avoir une vision claire ainsi que les compétences nécessaires pour la concrétiser, en commençant par une bonne structuration de leurs projets. C’est ce que je retiens au sortir du forum KAS PDWA 2024 sur « l’entreprise et le financement », après le deuxième et dernier panel du forum, que j’ai modéré. Mes invités sur le panel, Mme Von Mettenheim de la Chambre de commerce d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Mme Mabea de la Direction des Opérations d’Assiette, M. Kouamé, PCA de United Bank of Africa, et M. Stéphane Dedi, économiste et consultant, étaient unanimes sur cette question.
Le forum, marqué par des présentations de produits et services des entrepreneurs présents, s’est clôturé après la lecture des résolutions et recommandations formulées par les participants, pour un changement positif.

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Les JO de Paris 2024 : un régal pour les sens !

Les JO de Paris 2024, ou du moins les épreuves que j’ai pu suivre, ont véritablement été un délice pour mes sens ! Mes yeux et mes oreilles étaient émerveillés, en alerte. J’ai ressenti des frissons, mon cœur sensible n’a pas été épargné. J’ai même versé des larmes… Je vous raconte dans ce billet mes moments forts lors de ces Jeux Olympiques alors que les paralympiques referment leurs portes ce 8 septembre 2024.

Un avant-JO plutôt tranquille

J’avais vu plusieurs éléments audiovisuels annonçant les JO de Paris 2024. Mais lorsque j’ai aperçu cette affiche dans les rues de Treichville, à l’approche de la cérémonie d’ouverture, un sourire a éclairé mon visage… Un sentiment particulier m’a traversée. J’ai également été amusée par les réactions de mes compatriotes sur la page Facebook de France en Côte d’Ivoire, après la publication de la mascotte sur le célèbre 5e pont. Beaucoup soulevaient la question du visa. Si tout cela m’amusait et suscitait en moi des émotions que j’aurais du mal à exprimer, mon réabonnement au bouquet Canal+ parce que je voulais suivre les JO prouvait que cet événement m’intéressait particulièrement…

Je ne voulais pas me faire conter les JO !

Je ne voulais surtout pas me contenter de quelques vidéos et posts sur les réseaux sociaux. Il est toujours préférable de suivre l’événement en direct lorsque c’est possible. Quoi dire si l’on devait comparer l’expérience du direct à celle des rediffusions dans notre contexte ? Je ne voulais donc pas qu’on me raconte les JO. C’est pourquoi je me suis réabonnée à Canal+, chose que je ne fais que si nécessaire. En juillet 2024, deux raisons m’y ont poussée : la présence de mon fils et les JO. Quand mon fils est à la maison, je me sens obligée de lui permettre de suivre ses programmes. Mais cette fois-ci, à cause des JO de Paris 2024, j’étais impatiente de retrouver les images. J’ai même dû convaincre mon fils de l’importance pour moi de suivre certaines épreuves, au détriment de ses émissions pour enfants. Il avait été tellement mignon, comme d’habitude ! Il me laissait parfois 30 minutes de plus pour que je profite de mon programme avant de changer de chaîne…

Une magnifique et magique cérémonie d’ouverture

Sans entrer dans la polémique que vous connaissez sûrement, cette cérémonie m’a semblé très belle. Je riais des comparaisons faites avec la cérémonie d’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations dans mon beau pays, la Côte d’Ivoire. C’est vrai que le dicton nous apprend qu’on ne montre pas son village de la main gauche. Je risque peut-être d’être traitée de « vendue », ou d’être accusée d’avoir des réactions colonisées, mais bon… Même s’il est clair que notre cérémonie d’ouverture de la CAN était pleine de couleurs, en plus d’être belle et de faire vivre de grandes émotions, je pense qu’il faut comparer ce qui est comparable.

Les artistes sur les scènes de la Seine étaient admirables : sur les vélos, exécutant des pas de danse urbaine, etc. C’était magnifique ! Je n’imaginais pas tout le travail de préparation pour offrir un tel spectacle.

Le ballet des athlètes sur la Seine

Que dire de ce ballet d’athlètes sur la Seine lors de ces JO de Paris 2024 ! Bateaux, drapeaux… Que d’émotions ! Mon seul regret est d’avoir commencé à suivre ce moment mémorable après le passage de la délégation de mon pays, la Côte d’Ivoire !

Les épreuves qui m’ont le plus marquée

Toutes les épreuves que j’ai pu suivre, qu’elles soient en direct ou en rediffusion, m’ont marquée. Mais certaines encore plus. Et surprise : mon épreuve préférée, la natation synchronisée, n’a pas été celle qui m’a donné le plus de frissons ! Deux disciplines se sont hissées dans mon top 3 : la gymnastique et le Breaking féminin.

La gymnastique

Je ne vous raconte pas le stress quand une athlète exécute des figures complexes, et que sa concurrente doit passer après elle en tentant de faire mieux… Va-t-elle réussir ? Va-t-elle retomber sur ses pieds ? Autant de questions qui nous tiennent en haleine tant que l’épreuve n’est pas terminée. La finale entre les États-Unis et… avec Simone Biles était juste époustouflante !

Le breaking féminin

C’était la surprise ! Franchement, je ne m’attendais pas à voir ce que j’ai vu. C’était si agréable de voir ces performances féminines ! Je suis fan de danse, même si je ne suis pas une grande danseuse. D’ailleurs, j’ai toujours eu le rêve secret d’être DJ. Mon coup de cœur reste la breakeuse Nicka, avec son joli sourire et son air jovial. Pour le spectacle, on ne regrettera sûrement pas d’avoir intégré cette discipline au programme !

La natation

C’était l’autre grand spectacle de ces JO… Comment ces hommes peuvent-ils nager comme des poissons sur de si longues distances ? 800, 1000, 1500 mètres ! Et l’arrivée des nageurs pour se mettre en position de départ ? De véritables stars ! Ils ont un style, une classe ! Je trouve qu’ils surpassent même les sprinteurs sur ce point ! Que dire du champion Léon Marchand, en ignorant bien sûr la polémique autour de sa performance qualifiée de « surnaturelle » ?

Espoirs, désespoirs et médailles pour la Côte d’Ivoire


Je ne peux terminer ce billet sans parler des athlètes de mon pays, la Côte d’Ivoire, et de notre médaille de bronze. Même si, étonnamment, je n’ai suivi aucune des épreuves d’un Éléphant… Nous sommes fiers de cette participation aux JO de Paris 2024, malgré les couacs. Félicitations à nos Éléphants et à CISSE Cheick pour la médaille de bronze en Taekwondo. Comme pour la CAN, on a fait des calculs, on a prié, et on a gagné.

Je m’arrête ici. Si je devais essayer de me souvenir de tous les moments vécus, ce billet ne finirait jamais… Des bisous et à très vite pour un autre billet.

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Amadou Doumbouya : un amour viscéral pour la peinture…

Amadou Doumbouya est un jeune peintre d’origine guinéenne installé avec sa mère en Côte d’Ivoire. Je l’ai rencontré il y a quelques années, un matin, alors que le soleil était haut dans le ciel. Je sortais de la cité Palma, aux portes de Bingerville. Amadou avait exposé ses tableaux à l’entrée de la cité. Attirée, curieuse et admirative de tout ce qui a trait à l’art, je me suis approchée…

Dans cette interview qu’il m’accorde, Amadou s’exprime sur son amour viscéral pour la peinture, les difficultés de son parcours, ses traumas ainsi que son admiration pour Maître Stenka.

D’où t’est venu l’amour, la passion pour la peinture ?

Mon papa est calligraphe. Dans ma famille, nous sommes des forgerons et des artisans. Les femmes fabriquent les pagnes africains et les hommes les fusils, les dabas… J’étais un enfant très curieux. Je voulais savoir et comprendre les choses, je n’étais pas concentré à l’école. Je ne faisais que dessiner, à l’école.

Les week-ends, j’allais dans la grande famille pour regarder les forgerons à la tâche. J’avais soif de quelque chose, mais je ne savais pas que c’était la peinture… Je faisais beaucoup de choses pour essayer de me satisfaire, mais je n’étais pas satisfait. Un jour, j’ai vu des tableaux d’art dans le téléphone de mon papa. Il me les a montrés. J’ai été impressionné, mais j’ai en même temps ressenti un peu de jalousie. Je continuais à dessiner tout ce qui me plaisait. Je motivais également mes amis à fabriquer des choses. Lorsque je suis venu en Côte d’Ivoire, j’ai découvert les tableaux d’art.

Un jour, je suis allé à Playce. L’enseigne venait d’ouvrir à la Palmeraie. Je voulais acheter quelque chose et j’ai vu un tableau. Je crois qu’il a été peint par une femme… Lorsque je l’ai vu, je me suis arrêté, et mes larmes se sont mises à couler. Un monsieur s’est approché de moi et m’a demandé pourquoi je pleurais. Je me suis plaint de ne pas pouvoir faire autant que la personne derrière le tableau… Le monsieur m’a regardé, m’a souri, m’a embrassé et m’a dit : « Ne t’inquiète pas, ça va aller. »

Avant de reparler de peinture, une anecdocte sur ces moments de création avec tes amis ?

Je me souviens qu’un jour, nous sommes allés dans une maison inachevée et avons subtilisé du bois pour fabriquer des voitures. Nous en avions l’habitude, mes amis et moi. Nous faisions des cotisations pour acheter de vieilles motos et en retirer les moteurs pour fabriquer des voitures. On a eu droit à des corrections pour cela. Un jour, on nous a même accusés d’avoir subtilisé du bois d’une valeur de neuf millions de francs guinéens… Et un monsieur qui avait vu nos inventions et qui les avait aimées nous avait tout acheté. Ce jour-là, mon papa avait dit qu’il n’allait pas me taper, mais lorsque nous sommes arrivés à la maison, il a fait le contraire (rires).

Sur la voiture que nous avions fabriquée, j’avais écrit : R G 15. C’était devenu mon surnom au quartier et tout le monde se moquait de moi, mais je n’ai pas abandonné.

On comprend que tu es tombé très tôt amoureux de la peinture. Comment s’est passé ton apprentissage ?

J’ai beaucoup aimé la peinture, mais je vous avoue aussi que je n’étais pas stable dans les ateliers de peinture… Partout où j’allais apprendre la peinture, on me criait dessus, on me disait des choses qui m’énervaient et je partais de là…

Dans mon enfance, j’ai été traumatisé. Je n’ai pas vécu avec ma maman… J’ai vécu des choses… Lorsque je suis venu en Côte d’Ivoire, je ne voulais plus revivre la même souffrance. Lorsque l’on me crie dessus, cela me traumatise, je tremble, j’ai peur et je n’arrive pas à me concentrer, à travailler. Voilà pourquoi j’ai abandonné mon apprentissage dans plusieurs ateliers.

Comment est né ton premier tableau ?

Je travaillais avec un monsieur. Il m’apprenait la peinture, mais il me disait des choses comme : « Toi, tu es maudit, tu ne peux pas être peintre. Ce serait mieux que tu deviennes manawa (aide-maçon) ou apprenti-gbaka. » Tout cela m’a tellement touché… J’ai beaucoup travaillé pour lui, mais il n’a pas été reconnaissant. J’ai travaillé sous la pluie… c’était un atelier avec une clôture en bambou, non couvert.

Un jour, nous sommes allés peindre un bâtiment et je suis tombé malade par la suite. J’ai passé deux semaines à la maison… il ne m’a pas visité, il ne m’a pas appelé. C’est ainsi que je n’y suis plus retourné et j’ai dit à ma maman que j’allais commencer à faire mes tableaux et que je voulais être peintre. Ma maman n’avait pas de moyens pour me soutenir. Elle est enseignante de classe maternelle. C’était les vacances. Je n’avais pas cours. J’ai commencé à faire des travaux d’aide-maçon. Je gagnais 3000 FCFA la journée, remettais 2000 F à maman et gardais 1000 F jusqu’à pouvoir payer mes premiers pinceaux et pots de peinture.

J’ai fait des toiles. J’ai exposé mon premier tableau. Il y avait un masque au milieu du tableau. Chez nous, on taille le bois, on fait des statues. Je connais un peu les secrets de cet art. Les gens ont eu peur du tableau. Je n’ai pas pu le vendre avant longtemps. J’ai fait d’autres tableaux et ceux-là, les gens les ont plus vite achetés.

J’ai vraiment aimé mon premier tableau. C’était la preuve que j’avais confiance en moi et que Dieu allait exaucer mes prières.

Certains jours, j’ai dormi dehors avec mes toiles. Je marchais des kilomètres pour aller voir des peintres, observer comment ils travaillaient… Certains me chassaient. Ma maman m’a beaucoup aidé (soupirs).

A propos de peintres justement, quel peintre t’a particulièrement inspiré ?

C’est le grand peintre africain d’origine ivoirienne, Jacques Samir Stenka. Il m’a donné de l’espoir, m’a montré et expliqué la valeur de l’art. Certains disent qu’il a signé un pacte avec le diable. Dans la vie, chacun a son destin. Je suis allé chez lui pour regarder ses tableaux. Il m’a demandé de lui montrer mes tableaux. J’ai montré ce que j’avais dans mon téléphone. Il ne croyait pas que j’en étais l’auteur. Lorsqu’il les a vus, il a demandé à les voir en personne. J’ai pris deux de mes tableaux et je suis allé avec ma maman chez lui. Lorsqu’il a vu mes tableaux, il a demandé à ma maman de le laisser me former. Je suis comme un fils pour lui. Il m’a beaucoup appris… Moi qui pensais aimer l’art, j’ai compris que mon amour n’était même pas comparable au sien…

Arrives-tu à vivre de l’argent de tes tableaux ? Et la famille, te soutient-elle dans ta voie ?

Bien-sûr ! Le problème est que parfois on veut te voir tout de suite gagner de l’argent… comme dans le commerce ordinaire alors que dans le milieu de l’art, ça ne fonctionne pas comme ça. Lorsque tu peins un tableau, tant que le « vrai propriétaire » n’est pas venu l’acheter, il ne sort pas. Et, selon moi, on ne peint pas les tableaux pour l’argent. C’est ma passion, c’est ma vie. J’aime trop mes tableaux. Parfois, je les contemple, je leur parle en espérant qu’un jour, ils me répondent… Quand je regarde certaines œuvres, je me demande comment j’ai fait pour les réaliser, si c’est vraiment moi qui les ai réalisées… mais tout ça, c’est la grâce de Dieu.

En Afrique, ce n’est pas facile. Tu peux être un bon peintre, mais ne pas être connu à l’international. Tu peux faire des dessins, avoir des fans, mais tes œuvres ne se vendent pas tous les jours. Même quand tu les vends, le gain ne peut pas être comparé à celui des grands peintres. Mais, puisque je suis également un artisan, je fais aussi des colliers, je décore des vases, je fais un peu de tout et je vends lorsque j’expose dans les rues. Les gens trouvent mes œuvres belles et c’est ce qui m’aide. Je ne gagne pas beaucoup d’argent avec les tableaux, mais je ne peux pas arrêter de peindre. Quand je ne peins pas, je me sens impuissant.

Quelle est la fourchette de prix de tes tableaux ?

Je suis très attaché à certaines de mes œuvres. Ce sera difficile de les vendre, mais je ne peux pas non plus les garder pour moi, car ce sont des messages à transmettre. Certains pensent qu’être peintre est un métier hasardeux, quelque chose de banal. Je ne suis pas dans l’art figuratif. Il faut que les gens se questionnent et questionnent sur ce dont il s’agit. C’est ça l’art. Les peintres sont comme des demi-dieux sur terre. Dieu nous a donné l’intelligence pour parfaire ses travaux sur terre. Donc, les œuvres n’ont normalement pas de prix, mais en Afrique, l’art n’est pas toujours considéré. Si je dis qu’un tableau d’un mètre carré coûte 700 ou 600 000 FCFA, les gens diront que c’est cher, mais si je leur dis 25 000 FCFA ou 30 000, ils me demanderont de réduire le coût. Ce n’est pas normal, c’est de l’art. C’est en Afrique qu’on ne valorise pas toujours les tableaux. Pourtant, ils cachent des secrets. Il y a des tableaux qui sont des héritages, des héritages de grandes familles.

Je suis un peintre révolutionnaire, symboliste.

Quel est ton souhait aujourd’hui?

Ce que je souhaite pour toute l’Afrique, c’est que l’on arrête de considérer les tableaux d’art comme des choses banales, de simples décorations de maisons. Les tableaux sont des messages. Certains riches ont caché leurs secrets dans des œuvres et les ont accrochés dans leurs maisons.

L’art est quelque chose que l’on doit considérer en Afrique si l’on veut avancer. La base d’une civilisation, c’est l’art. Si on ne le considère pas, on ne peut pas avancer.

Comment te retrouver si l’on est intéréssé par tes tableaux ?

Je vis à Bingerville. Je suis joignable au 00225 0501424665.

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[Expérience CAN 2023]: quand les footballeurs m’ont semblé être des bêtes de foire…

La CAN 2023 organisée par la Côte d’Ivoire, mon pays, fut un moment d’effervescence, de partage, de joie, de fierté… Plusieurs sentiments et émotions, positifs et négatifs, découlent de cet évènement sportif d’envergure. Lors de cette Coupe d’Afrique des Nations, j’ai eu mon lot d’émotions ainsi qu’une expérience particulière à l’occasion du match Afrique du Sud – Cap Vert. Je vous en parle dans ce billet, au moment où les grandes dates de la CAN 2025 au Maroc ont été annoncées.

Can 2023 : quand le foot déchaîne trop de passion

J’aimerais revenir sur des comportements que je trouve dommage. Il s’agit des injures, agressions parfois liées aux matchs. Je n’ai ni compris, ni supporté le fait que l’on jette des bouteilles aux Éléphants de Côte d’Ivoire, encore moins qu’on les hue, après la défaite face aux Équato-Guinéens. Avaient-ils moins que nous, supporters, le désir d’être vainqueurs?

Pointer du doigt les comportements que j’ai trouvés excessifs de la part des supporters m’a par ailleurs valu toutes sortes de commentaires.

Pour certains, ce que je considère comme déplacé est de l’ironie, de la satire, une façon de dénoncer et d’encourager à l’ivoirienne. Pour d’autres, de parfaits inconnus, mon post n’était tout simplement pas opportun. Je devais aller « demander à ceux qui ont insulté » ou encore noter que ceux qui n’ont pas insulté sont une écrasante majorité. Je devais donc me « concentrer sur eux, le positif » car je ne peux « arrêter les plaintes et les injures des hommes manifestées à cause de l’insatisfaction ». D’autres gens encore justifiaient les réactions par les mises pour des paris, perdues…

J’ai aussi eu droit à ce commentaire sous mon post : « Quand tu es professionnel et que tu n’es pas à la hauteur des attentes, c’est comme ça que l’Ivoirien te fait des reproches. Nos joueurs sont les meilleurs dans leurs clubs mais au pays ils foutent la merde ». J’ai encore lu que je me plains certainement parce que je ne suis pas au parfum des réactions des supporters lors des grands championnats au niveau international.

Dans un café de la place, un monsieur, visiblement irrité à cause de la fameuse défaite face à la Guinée-Équatoriale, disait qu’on a le droit de se plaindre, parce qu’on se sert des impôts pour le budget de l’équipe ivoirienne. Tout cela m’a conforté dans ma décision de me détacher des comportements fanatiques. J’ai en effet décidé de me tenir loin des matchs disputés par la Côte d’Ivoire, après la finale de la CAN de 2012. Ce jour-là, j’avais mis le feu à ma perruque Orange-Blanc-Vert, dans un maquis…

Le match Côte d’Ivoire – Sénégal

Voilà un autre match de la CAN 2023 qui m’a plongée dans un de ces stress… Je l’ai suivi dans un café. Je raconte mes émotions ainsi que mon expérience du jour dans un post sur Facebook. Ce jour-là, le bonheur de la miraculeuse victoire a poussé des gens à courir vers la grande route… heureusement qu’il n’y avait pas beaucoup de voitures sur le Boulevard Koffi Gadeau.

Le match Afrique du Sud – Cap-Vert

Quelle expérience ! J’ai suivi le match Afrique du Sud – Cap-Vert en direct, au stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro. C’est d’ailleurs le seul match que j’ai suivi en direct lors de la CAN 2023. Et je ne suis pas sûre que si la Côte d’Ivoire avait perdu face au Mali, j’aurais été au stade. Je pense aussi que je n’aurais même pas eu la force d’en suivre d’autres…

Première désillusion : la longue distance pour atteindre le stade

Avec mon frère, son ami et la chérie de ce dernier, nous sommes partis d’Abidjan l’après-midi de ce 3 février 2024. Le voyage était agréable. Au niveau du poste de péage de Singrobo, Un jeune monsieur s’est approché de la voiture, il nous tendait quelque chose… J’ai d’abord été un peu effrayée, avant de constater qu’il nous offrait une dizaine de petites bouteilles d’eau de la marque Céleste ! « C’est pour la victoire de la Côte d’Ivoire ! », avait-il lancé.

La victoire, nous l’avions eue ! Mon enthousiasme s’est cependant amenuisé à cause, d’abord, de la petite difficulté pour trouver le point de contrôle que nous devions passer avant d’aller vers le stade. Ensuite, ce fut l’épreuve de la distance pour atteindre le stade. Comme nous marchions depuis un moment, je me suis plainte de celles-ci. C’est alors qu’on m’a dit qu’elle était longue de plus d’un kilomètre et que c’était plus long pour atteindre le stade Alassane Ouattara d’Ebimpé ! Je regrettais presque, déjà, d’avoir embarqué dans l’aventure. C’était sans compter qu’il fallait enfin, après tout ce trajet à pied et le passage du labyrinthe, marcher encore un moment pour trouver notre entrée selon les tickets… On m’a dit que c’était comme ça ailleurs dans le monde, sauf que la distance pour atteindre les stades est moins longue… Je plaignais les dames en talons !

CAN 2023 : mon expérience du direct

J’avais l’impression que le rythme du jeu était moins rapide que ce que j’avais l’habitude de voir à la télé. Les sons me semblaient assourdissants : le bruit quand on tape dans le ballon, les voix…

Le terrain de jeu me semblait riquiqui et les joueurs comme des géants. Je me demandais si les différents commentaires parvenaient parfois aux oreilles des joueurs. Dans ce cas, où trouvent-ils la force de continuer lorsqu’ils sont hués, injuriés ? Je me posais vraiment beaucoup de questions.

J’avais l’impression qu’une poignée d’hommes était obligée de produire le spectacle qui satisferait des milliers de spectateurs, au risque de subir les conséquences de leur mécontentement. Je ne sais pas si c’est la bonne expression mais dans ce tableau, les footballeurs m’ont semblé être comme des bêtes de foire desquelles on attendait une « prestation » qui assouvirait nos désirs sinon… Je n’ai pas du tout aimé ressentir cela.

L’ambiance de fou

Nous sommes arrivés au stade, comme beaucoup d’autres spectateurs, à quelque temps de la fin de la deuxième mi-temps. Après la victoire de la Côte d’Ivoire face au Mali… A part les Ivoiriens, je suis sûre que les gens se demandaient ce qui se passait dans les tribunes. On entendait des « On vaut rien, mais on est qualifiés », chantés en choeur, à répétition. Des réactions qui n’avaient rien à voir avec le match qui se jouait… Rires. On ne se faisait pas prier pour danser sur Le coup du marteau, hymne de cette CAN 2023. L’on ne se faisait pas non plus prier pour prendre des images-souvenirs… J’ai entendu dire dans les tribunes que des Ivoiriens étaient aussi là dans l’espoir de rencontrer de belles Capverdiennes.

En définitive, bien que je ne sois pas spécialement fan de foot – les disciplines sportives que j’adore regarder sont principalement la natation synchronisée, la pole dance et le rallye – et en dépit de tous les faux pas, je dirais que la CAN 2023 en Côte d’Ivoire a été une belle expérience, un moment fantastique. Sur le chemin retour, les véhicules étaient aussi nombreux que lorsque nous partions pour la capitale politique… On aurait dit que toute la Côte d’Ivoire était allée soutenir les Eléphants au stade de la Paix de Bouaké ! Je ne vous ai même pas parlé de l’émotion de la cérémonie d’ouverture de la grande messe du football africain sur la terre ivoirienne, remportée par mon pays en toute humilité…

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« Un tour de la Côte d’Ivoire en Acrostiche » : le trait d’union entre lutte politique et promotion culturelle

Un tour de la Côte d’Ivoire en Acrostiche est un recueil de poèmes écrit par Gildas KONAN. Il est un mélange d’hommage aux hommes qui ont donné leur vie pour la Côte d’Ivoire à l’époque où le colonisateur entreprenait d’asseoir son emprise sur le pays, et une hymne culturelle pour la (re)découverte et la promotion de la Côte d’Ivoire à travers des acrostiches des quartiers, villes de districts. J’ai eu le privilège et le plaisir de lire le recueil en avant-première. Dans ce billet, j’évoque mes impressions et sentiments relatifs à ma lecture.

Un recueil très bien écrit

Un tour de la Côte d’Ivoire en acrostiche est un recueil aussi remarquable dans le fond que dans la forme. J’ai été tout de suite frappée par la qualité de l’écriture. Mon œil et mon esprit n’ont en effet été blessés par aucune vilaine faute ! Dans mon projet de lire autant d’auteurs ivoiriens que possible pour parler de livres, j’en vois des choses ! Surtout chez mes amis et frères les « jeunes écrivains ».

Pour le style d’écriture et le peu que je sais de l’auteur, je peux parier qu’il n’a pas eu recours à une application de correction ! Après, cela peut aisément se comprendre ! Il transparait clairement que Gildas KONAN a pris le temps de faire des recherches. Il a été patient, en plus de s’être vraiment appliqué et de se faire relire plusieurs fois ! Voilà bien des éléments qui manquent à nombre d’amis de ma génération…

Une « entrée en matière » aguichante

Dans la préface de Dr DJANDUÉ, j’apprends que le premier poète ivoirien – certainement des temps qu’on dira modernes – est l’illustre Bernard DADIÉ. Aussi, qu’« en l’an 2000, la poésie écrite ivoirienne, apparue en 1945, totalisait 79 recueils publiés ». J’en apprends sur les poètes de la première génération avec l’évocation de noms, de titres et de dates : Anoma Kanié (Les eaux claires du Comoé, 1951), Michel Tchew Adjé (Chants et pleurs avant l’aurore, 1951)… Les deux préfaces des enseignants-chercheurs DJANDUE et YAPI sont des délices de préliminaires qui mettent l’eau à la bouche avant de découvrir les poèmes combien séduisants et évocateurs du recueil.

« La Côte d’Ivoire en moi !», premier poème du recueil

« La Côte d’Ivoire en moi !» est le premier poème du recueil Un tour de la Côte d’Ivoire en Acrostiche. Je l’ai trouvé envoûtant. Il est habillé de rage et d’amour. Habillé de rage à cause des vautours qui veulent voir et avoir la carcasse de mon pays en dîner. Quant à l’amour, l’on sait bien que c’est l’identité de la terre hospitalière. La Côte d’Ivoire en moi ! introduit magistralement l’odyssée culturelle et les chants d’hommage… Chants d’hommage aux soldats disparus et aux soldats d’aujourd’hui.

« Bonoua : à l’orée de la forêt de résistance » : mon poème préféré

Si les poèmes TOUMODI – je suis originaire du Département de Toumodi, précisément du village Kahankro – ; TIÉMÉLÉKRO – le poème parle de la création du campement aujourd’hui localité, située dans le Département de Bongouanou où j’ai grandi (j’ai grandi dans la ville de M’Batto) ; ABGOVILLE – ville que j’aimerais découvrir et dont l’acrostiche est très informatif pour moi – DABOU – le poème évoque une question qui m’intéresse, à savoir « l’organisation sociale traditionnelle valorisant les personnes âgées » ; GBÉLÉBAN – qui signe une union éternelle entre la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Mali – ou encore BOUAFLÉ – ville où j’allais souvent en vacances chez ma tante, citée comme ville martyre dans la lutte ivoirienne contre la domination coloniale française et qui évoque BIAKA Boda, opposant radical au colonialisme mort décapité – me touchent particulièrement, BONOUA est mon préféré parce que le premier vers parle de nourriture ! Incroyable, non ?

Un mot à propos de l’auteur

Gildas KONAN, l’auteur d’Un tour de la Côte d’Ivoire en Acrostiche, recueil de 114 pages, est Educateur spécialisé de formation. Il est actuellement Assistant chargé de l’approbation et du suivi des marchés à la cellule de passation des marchés publics du ministère de la Cohésion nationale, de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté de la République de Côte d’Ivoire.

Je vous invite à plonger, entiers, dans Un tour de la Côte d’Ivoire en Acrostiche, qui comptabilise 114 acrostiches. Je vous prédis un voyage riche en connaissance et en découverte dans l’écriture créative de Gildas KONAN. C’est le genre de livre que je garde précieusement dans ma bibliothèque et qui la rend prestigieuse.

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Partage d’expérience avec Raïssa Ouedraogo, experte sur la communication en santé

Le partage d’expérience et la formation sont des canaux pour le renforcement des capacités dans divers domaines. Passionnée de communication, j’ai saisi l’opportunité de suivre une formation sur la communication en santé ce 1er Juin 2024, dans la commune de Bingerville en Côte d’Ivoire.

Rencontre avec Raïssa Ouedraogo

Avec l’experte Raïssa Ouedraogo, nous avons échangé sur la communication en santé. Notre experte, philanthrope, est aussi belle que joviale. Elle a été directrice de la communication et des relations presse du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique de la République du Burkina Faso.

La communication en tant que science s’étend à presque tous les domaines de la vie. Elle a un fort impact dans un secteur aussi crucial que la santé.

Un outil au service de l’image institutionnelle

Je me suis souvent plainte de l’accueil dans certains hôpitaux en Côte d’Ivoire. Les pratiques et le comportement de certains agents, ne sont pas épargnés. J’évoque ces réalités via des posts sur les réseaux sociaux et des billets de blog. Elles impactent l’image de l’État, des institutions et des établissements de santé.

Raïssa Ouedraogo a expliqué que la communication en santé construit et consolide l’image du Ministère de la Santé, en s’appuyant sur ses objectifs et en intervenant en cas de crise.

Difficultés techniques et financières

Parmi les participants, il y avait des responsables de communication des secteurs public et privé. Les problèmes de leadership, les contraintes financières et techniques, et la compréhension de l’importance du rôle du communicateur ont été discutés. Malgré ces défis, nous nous sommes alignés avec la formatrice sur le fait qu’il faut trouver les moyens de communiquer. Ne dit-on pas que « pour exister, il faut communiquer » ?

Les incontournables de la communication en santé

Le communicateur en santé doit organiser son service. Il doit rédiger une stratégie de communication, et établir un plan de communication basé sur une politique et des objectifs clairs. Il doit aussi analyser l’environnement. La maîtrise de la prise de parole en public est une compétence clé, tout comme la capacité de coacher son directeur pour des interventions médiatiques.

La séance s’est terminée par un cas pratique : le sujet de la pose de la première pierre d’un hôpital. Nous avons élaboré un plan de communication pour un tel événement. Ce fut un moment enrichissant de partage et d’apprentissage.

La formation a été offerte par Ose Consulting Group, un cabinet de communication.

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Reconnexion avec le blogging : mon parcours et mes résolutions

Revenir au blogging, voilà mon désir pour les temps à venir ! Le temps passe tellement vite… mon dernier billet date du 25 juin 2023, alors que je souhaitais en écrire au moins un par mois ! Alors, qu’est-ce qui n’a pas marché, et comment y remédier ? Je compte bien en parler mais avant, j’aimerais revenir un bout, sur les débuts de mon aventure dans le blogging. Permettez donc que je fasse une petite genèse !

Mes premiers pas dans le blogging

C’est Priscille Appiah-Mends, une aînée de mon école de journalisme, qui m’a parlé de blog la première fois… je ne savais même pas ce que c’était ! Je veux ici témoigner ma reconnaissance à Priscille.

Mes premières actions  

Lors de mes premières recherches, je suis tombée sur un blog de mode. Une phrase d’un article m’avait particulièrement touchée. Elle disait que pour avoir du succès, il faut, entre autres, chercher à être reconnu par ses pairs. Et, cela pouvait passer par la participation à des concours. C’est clair qu’être lauréat d’un concours, c’est en quelque sorte attirer la reconnaissance, la crédibilité et les projecteurs !

J’ai aussi appris sur les pionniers du blogging en Côte d’Ivoire. C’est ainsi que j’ai découvert Edith Brou, que je suis en mode favoris sur Facebook. Mon premier blog date de 2018-2019. J’y partageais surtout mes petits poèmes, des billets sur des évènements culturels, des interviews…

Mes nombreux posts sur Facebook m’ont permis d’avoir une belle petite communauté au fil des ans. Ma participation en outre, à des concours tels que le concours Regina Yaou de nouvelles (deuxième édition en 2018) dont j’ai fait partie des finalistes et qui a consacré ma nouvelle dans un recueil, ainsi que ma sélection pour la saison 7 du concours Mondoblog – oui oui, j’en parle encore – m’ont un tant soit peu mise sous les projecteurs.

Mes premiers « gombos » de blogeuse: un souvenir inoubliable

En Côte d’Ivoire, le « gombo », c’est l’activité génératrice de revenus que l’on fait, en marge de sa principale activité professionnelle.

Je ne saurais parler de mes débuts dans le blogging sans évoquer le souvenir de mon premier gombo en tant que blogeuse ! C’est une autre aînée, dans le domaine de la communication, qui a fait la connexion. C’est donc également l’occasion de témoigner ma reconnaissance à Azélé Bedou, actuellement Responsable de la communication du CHR d’Abobo. Elle n’a cessé d’essayer de me faire comprendre et de me faire accepter que j’étais, sinon que j’avais une mine d’or entre les mains. Elle m’a toujours encouragée et c’est elle qui m’a connectée à ce gombo qui m’a fait gagner 30 000 FCFA, si j’ai bonne mémoire, et à plusieurs autres !

Lorsque Miss Bedou comme on l’appelle, m’a sollicité pour la couverture de l’évènement, en me disant que j’allais gagner de l’argent, j’étais d’abord gênée et surprise, et je pensais surtout que j’allais être une intruse, que ce n’était pas pour moi, que je ne serais pas à la hauteur ! Être payée pour écrire un article/billet ? Alors que j’écrivais juste comme ça, par plaisir et pour rendre service ? ça en faisait beaucoup pour moi ! Syndrome de l’imposteur ?

Les défis de l’inconstance dans le blogging

Pour être sincère, malgré mon amour pour l’écriture, et depuis que j’ai de plus en plus besoin de gagner de l’argent et que je sais que je peux en gagner avec l’écriture, j’ai la flemme de donner de l’énergie pour la rédaction d’un billet alors qu’il ne va pas me faire gagner de l’argent dans l’immédiat. Et oui ! C’est une réalité ! Surtout que j’ai déjà gagné de belles petites sommes avec des articles rédigés pour des Services de communication… Je vois déjà certains membres de ma communauté laisser ce commentaire : « Lisi, ton affaire d’argent est trop ! » Rires. Je pourrais, en plus, citer les raisons suivantes :

  • Le manque de temps (mes activités professionnelles ne me laissent pas toujours le temps d’écrire sur Le Fourre-tout intelligent),
  • La paresse ou le manque de volonté,
  • Le défaut d’organisation,
  • La maladie de la recherche de la perfection,
  • Les exigences de la rédaction web.

Ecrire un billet de blog, ce n’est en effet pas aussi simple qu’écrire un post vite fait pour les réseaux sociaux !

Quelques solutions pour renouer avec le blogging-passion

Ces solutions ou pistes de solutions peuvent être valables pour plusieurs types de projets :

Tenir compte des fondamentaux
Pourquoi est-ce que je suis arrivée au blogging ? La réponse est toute simple : j’y suis arrivée surtout par passion, parce que j’aime écrire, partager, dénoncer, aider… via l’écriture.

Mieux m’organiser
Nombre de livres de développement personnel nous apprennent que pour atteindre un but, il faut établir un plan, rester focus sur l’objectif et poser des actions concrètes ! Un billet par mois, c’est plus que possible si je m’organise et que je prévois ! Cela va me demander de travailler en moyenne cinq heures par mois. Et puis, pour atteindre mes objectifs, c’est un passage presque obligé… Écrire certains billets à l’avance, les programmer, en mettre d’autres au frigo… voilà une solution !

Comprendre et accepter que je ne peux pas être parfaite
J’ai un vilain défaut : je suis perfectionniste ! Et ce désir de vouloir trop bien faire les choses me freine, m’empêche de passer à l’action, même de respecter mes délais lorsque je dois accomplir une tâche… Et c’est problématique !

Prochains articles à ne pas manquer

La phrase d’une promotionnaire qui s’enquérait récemment de mes nouvelles suite à l’annonce de mon départ de la chaîne de télé pour laquelle je travaillais, pendant un appel téléphonique, m’a fait comme un déclic : « Mais Lisi, toi-même tu es une blogeuse à la base non ? Il y a l’argent dedans hein ! » Et elle me parla un bout des millions que peuvent toucher certains blogueurs grâce à leurs « contrats publicitaires ». Même si je suis consciente que tout dépend des « lignes éditoriales » et que je peux être loin de ces blogueurs-là, l’entendre m’a galvanisé.

Vous pourriez bientôt lire des billets sur ma première expérience dans un stade de foot à l’occasion de la CAN 2023 dans mon pays la Côte d’Ivoire – j’ai eu la vilaine impression que les joueurs étaient des bêtes de foire – ainsi que des interviews avec des femmes : une, médecin, qui n’a pas conçu d’enfant. Elle parle dans un petit livre des misères que l’on peut vivre parce qu’on est stérile, de ses passages dans des hôpitaux psychiatriques…

Une autre, Directrice d’un établissement sanitaire, leadeuse citée dans le livre d’une ministre de l’État de Côte d’Ivoire, ou encore une autre, pionnière d’une fondation dont les actions sont liées à la problématique des mères célibataires…

Alors, et si nous décidions, et si nous nous organisions, et si nous agissions, maintenant ?


« On se chamaille pour un siège » : la pièce de théâtre qui interroge la démocratie en Afrique

Dans les arcanes du monde théâtral ivoirien résonne encore le titre évocateur : « On se chamaille pour un siège », une pièce de théâtre comique qui a marqué les esprits depuis sa création dans les années 80. Sous la plume du Professeur Hyacinthe KAKOU, éminent dramaturge ivoirien, cette satire sociale et politique se révèle être bien plus qu’un simple divertissement, car elle aborde des thèmes sociaux et politiques tout en posant un regard critique sur la démocratie, spécifiquement en Afrique.

S’articulant autour du contexte électoral, avec ses tensions, ses crises et ses affrontements, l’œuvre satirique « On se chamaille pour un siège » résonne profondément avec le public ivoirien, qui l’a accueillie avec un mélange de rire et de gravité. Dès ses premières représentations, elle a suscité des ovations enthousiastes de la part du public et a été chaleureusement saluée par la critique locale. Son importance culturelle et littéraire a été consacrée par le prestigieux Prix de la meilleure pièce inédite au premier Festival National du Théâtre scolaire et universitaire, organisé en collaboration avec le Lycée Moderne de Man.

En plongeant dans cette pièce intemporelle, je me suis laissée captiver par la pertinence continue de ses thématiques, qui résonnent toujours dans l’actualité. Ainsi, dans ce billet, je partage avec vous mes impressions après lecture, en espérant contribuer modestement à l’enrichissement de la discussion déjà passionnée qui entoure cette œuvre majeure de la littérature ivoirienne.

© Blk Librairie

Un livre attirant, comme un aimant…

Lorsque je me suis rendue à l’Institut français d’Abidjan, à l’occasion de la finale du Grand concours de lecture Planète J’aime lire à voix haute, cette année 2023, j’étais loin d’imaginer que je rentrerai à la maison avec le livre de la pièce On se chamaille pour un siège.

J’avais fait un petit tour des stands en commençant par celui de la Librairie de France. Je ne voulais surtout pas dépenser plus que ce que j’avais prévu, mais face aux livres… C’était difficile et il fallait surtout faire des choix. Je prenais tel ou tel titre puis j’en reposais pour en prendre un autre… Et, alors que j’étais sur le point de mettre fin à ma visite, je vis le fameux On se chamaille pour un siège. Un titre qui me disait quelque chose, sinon grand-chose, que je n’avais pourtant pas encore lu ! Je n’avais en tout cas pas le souvenir de l’avoir lu, ce titre qui me semblait pourtant familier. Son prix ? 1950 FCFA. Même pas 2000 F ! C’était une raison de plus de ne surtout pas manquer l’occasion de l’avoir ! Aujourd’hui c’est une fierté pour moi de tenir entre mes mains ce classique de la littérature ivoirienne et d’en parler, même si les connaisseurs et autres professionnels du secteur culturel et littéraire ont certainement déjà dit et écrit ce qu’il y avait à dire et à écrire sur l’œuvre de l’écrivain Hyacinthe KAKOU, l’un des plus importants dramaturges ivoiriens de ces dernières années.

Une pépite pourtant éditée 25 ans plus tard

Et oui ! 1982-2007. Ecrite en 1982, avec l’aide des élèves du professeur Hyacinthe KAKOU alors en 4ème au Lycée Moderne de Man, il a fallu attendre vingt-cinq ans (2007) pour voir On se chamaille pour un siège  être éditée par Vallesse, une jeune maison d’éditions ivoirienne. Pourquoi avoir attendu tout ce temps ? Pourquoi le manuscrit est-il resté aussi longtemps dans les tiroirs de l’auteur ? Pour ceux qui veulent en savoir plus, j’ai juste envie d’écrire : référez-vous à la préface, et aux pages 7 et 8 ! Mais, je vais quand même partager quelques éléments qui pourraient nous faire comprendre…

Dans l’Avant-propos signé par l’Éditeur, on apprend que Hyacinthe KAKOU n’avait pas remis son manuscrit à toutes les maisons d’édition qui l’avaient sollicité, et on se demande si cela n’avait pas un lien avec « une regrettable affaire de cachet entre les comédiens et les responsables du ministère chargé de la culture, qui avait alors produit le spectacle ». Le spectacle : une création dirigée par le grand Bitty Moro, basée sur la comédie On se chamaille pour un siège, en 1985. Le spectacle avait suscité « une forte bousculade au Théâtre de la Cité ». Le Théâtre de la Cité, situé à Cocody, au sein de la Cité universitaire appelée Cité rouge, était le haut lieu du théâtre en Côte d’Ivoire dans les années 70 et 80 (p.7-8).

L’Éditeur nous dit également que Hyacinthe KAKOU trouve nécessaire de publier toutes les pièces de théâtre inédites marquantes du Festival National du Théâtre Scolaire, conformément aux recommandations de son règlement.

On se chamaille pour un siège jouée par la troupe N’zrama

Des mots qui ont fait fondre mon cœur

« A une grande amie, Albertine Tiémoko, alors élève en classe de 2e A, au Lycée Moderne de Man, sans laquelle je n’aurais sans doute pas édité ce manuscrit (…) A tous mes élèves de 4ème du Lycée Moderne de Man, année scolaire 1980-1981, qui m’ont aidé à écrire cette pièce (…) »

Je n’ai pu m’empêcher de penser à la grande amie, aux élèves, à cette classe de 4e… Et mon cœur fut séduit par ces belles dédicaces, page 5, qui ont fait voyager mon esprit en le renvoyant à une certaine époque. Une époque lointaine, où mon père n’avait pas encore rencontré ma mère ! L’exemplaire de mon livre est d’ailleurs marqué par plein de petits cœurs que j’y ai dessinés !

On se chamaille pour un siège : une comédie pleine de fous rires !

Si vous faites partie des chanceux qui ont déjà lu cette comédie vous le savez : on rit de bout en bout ! Cette pièce est une satire pleine de fous rires qui ne manque pourtant pas de sérieux et de leçons sur la politique, la course au pouvoir, la démocratie…. Le mélange de rire et de gravité est la grande réussite de cette pièce. J’étais  moi-même sans arrêt prise de fous rires en lisant, je ne sais plus si une seule page n’a pas une de mes marques : un smiley qui traduit le rire, un « haha »!

Jerry la souris, Giphy

Plantons le décor de cette hilarante satire

Dans un petit village de l’ouest de la Côte d’Ivoire, la vie d’ordinaire paisible est désormais secouée par un événement politique d’importance : l’élection à la députation. Trois habitants du village convoitent le prestigieux siège de député de la circonscription. Leur ambition est démesurée et rien ne semble pouvoir les arrêter dans leur course au pouvoir.
Ils sont trois, trois personnages désopilants : Djinan, ancien combattant, qui pense plus à ses droits qu’à ses devoirs. Boka, le député sortant qui est prêt à tout pour se maintenir à son poste. Et Tinanoh, jeune femme frondeuse et ambitieuse, qui ose s’affronter à deux hommes, dont l’un n’est autre que son père ! On assiste à quelques passages qui traduisent le machisme et la violence de certains hommes avides de pouvoir et de domination, une réalité très bien dépeinte qui est toujours d’actualité aujourd’hui….

Un de mes coups de cœur avec On se chamaille pour un siège, ce sont les nombreux proverbes africains employés, des proverbes très bien maniés, comme je les aime !

Le coq transpire aussi ; seules, ses plumes nous empêchent de nous en rendre compte

On se chamaille pour un siège, page 54

Avec la flèche de la bouche, on tue toujours le gibier

On se chamaille pour un siège, page 109

Le très comique Djinan

Djinan est mon personnage préféré. Il est heureux, euphorique, parce que son « poste transistor flambant neuf »  arrivé « tout droit du pays des Blancs » (p.14) a annoncé une nouvelle qui l’enchante : La loi lui permet à lui aussi de se présenter aux élections législatives ! Djinan, qui rêve déjà de son statut de député, va l’annoncer fièrement à sa femme. Sa femme, Titi, présentement affairée dans sa cuisine et qui surveille la cuisson de sa bouillie de mil.

Djinan lui annonce qu’ils vont quitter leur « vieille et laide cabane » pour « un grand et magnifique palais avec des jardins aux arbres importés, éclairés de jour et de nuit ! »  (p.15). D’ailleurs Titi peut bien laisser la bouillie de mil brûler car « le mil aux mange-mil » ! Désormais – ou plutôt après son élection – ils ne mangeront plus que de la salade, des petits pois et de la pomme de terre sautée à l’étouffée… »  (p.17). S’il est élu, Djinan prévoit même de changer son nom pour un nom moins barbare et vulgaire!

Ahouba, le pêcheur d’âmes

Voilà un autre personnage dont la description fait plus que rire !

Dans le village, on cherche quelqu’un pour la lecture de la lettre des autorités. C’est alors qu’on a pensé au catéchiste Ahouba. Les villageois le décrivent comme un soulard qui dit ne pas boire le vin mais le sang du Christ (p.35). L’on dit de lui que s’il venait à tomber malade, placer à son chevet une bouteille de vin rouge suffirait à lui faire recouvrer la santé. Et si cela ne marchait pas, ce serait la preuve qu’il n’y a plus rien à faire pour celui qui aurait été « baptisé à coups de vin », tant ses habitudes sont étonnantes (p. 34).

Le pouvoir de l’argent

Doua est le plus intelligent des élèves du village et même des villages alentours. Selon Djinan il n’est passé au CE2 que par ancienneté… Que dire de l’attitude des villageois suite la lecture trompeuse du jeune Doua ? Le jeune élève, qui au lieu de lire « urgent » a lu « argent » et a ainsi fait tomber tout le monde en transe à l’idée de savoir combien il y a dans la fameuse enveloppe ! L’auteur s’amuse aussi avec les descriptions des hommes et femmes dits importants : « Morceau de pagne noué à la gorge », pour parler de cravate (p.51).

Ce qui a intrigué la petite lectrice que je suis

C’est assurément le niveau de langue des villageois. Ce dernier, pour s’exprimer tout au long de la pièce, est presque parfait. Pourtant, les mêmes villageois n’arrivaient pas à lire la lettre des autorités qui leur était adressée. Mais bon, on comprend l’intention de l’auteur : il fallait bien écrire en français et jouer la pièce dans l’intention de se faire comprendre des spectateurs !

Et pour finir…

Quelle belle fin ! Un « happy end » comme dans les films ? En tous cas, une fin comme il n’y en a que très rarement dans le monde politique africain. Après l’affrontement, place à l’apaisement. Les deux candidats perdants acceptent tout simplement leur défaite. Hyacinthe KAKOU offre une leçon de démocratie. Une leçon à tous les responsables politiques, qui fait aussi réfléchir les électeurs que nous sommes ! La satire se transforme en rêve de période post électorale, sereine et apaisée… On voit les différents candidats à la députation qui se serrent la main et s’embrassent. Ils font même la fête pour faire honneur aux résultats des votes !
Un résultat des votes qui est à noter et m’a agréablement surprise ! L’issue que l’auteur donne à la pièce est étonnante. Elle l’est quand on sait que cette comédie fut écrite en 1982. L’issue peut être qualifiée de moderne et même de visionnaire ! A vous de la découvrir en lisant la pièce !

Je suis aujourd’hui si heureuse et fière d’avoir mon exemplaire de On se chamaille pour un siège ! Quand je pense à toutes mes hésitations face aux nombreux livres sur le stand de la Librairie de France… Et aux choix si difficiles qu’il a fallu faire pour savoir quels livres garder ! Quel bonheur d’avoir lu cette comédie ! Une comédie qui dépeint les réalités sociopolitiques d’un pays africain (mais qui pourrait aussi concerner bien d’autres latitudes), avec tant de justesse et d’humour. Et qui décrit si drôlement les ambitions pour lesquelles certains sont prêts à tout : mensonges et guerres fratricides. Ces ambitions pour lesquelles on est prêt à renier même son sang !

A bientôt ! ☺

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Projet « Catalyser le leadership pour améliorer le bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents » : des journalistes instruits en Côte d’Ivoire

Le projet « Catalyser le leadership pour améliorer le bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents » est entré dans une phase importante de sa mise en œuvre en Côte d’Ivoire.

Une quinzaine de journalistes a en effet été réunie à la Maison de la Presse d’Abidjan dans le cadre du projet.

La présentation des résultats d’une étude sur la Santé sexuelle et reproductive ainsi qu’un atelier de formation sur la question du bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents étaient les articulations majeures de la rencontre du 16 juin 2022.

Santé sexuelle et reproductive : quelques données en Afrique

62 % de tous les décès maternels dans le monde sont survenus en Afrique sur la période 2000-2017. Les données de l’OMS révèlent des taux de mortalité maternelle exceptionnellement élevés en Afrique de l’Ouest. En 2017, le taux de mortalité maternelle s’élevait à 1120 décès pour 100 000 naissances en Sierra Leone.

Les chiffres au Ghana, au Niger, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire

Au Ghana, on dénombre 308 décès pour 100 000 naissances. Le taux de mortalité maternelle au Niger est quant à lui de 509 décès pour 100 000 naissances. Le Burkina Faso compte 320 décès pour 100 000 naissances quand la Côte d’Ivoire en compte 617.

Cette tendance de la mortalité maternelle convoque une grande problématique sanitaire. Il s’agit de la question de la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile. Cette dernière est aussi liée à l’état de santé des systèmes sanitaires en Afrique.

L’on note plusieurs efforts pour améliorer la santé des femmes, des enfants et des adolescents sur le continent. Cependant, beaucoup reste encore à faire. C’est justement pour apporter leur concours afin d’atteindre un réel développement durable que des organisations ont mis en place le projet « Catalyser le leadership pour améliorer le bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents ».

Un projet pour un mieux-être des populations vulnérables

Le projet “Catalysing Leadership to improve Women, Newborn, Child and Adolescent Wellbeing” (WNCAW) – « Catalyser le leadership pour améliorer le bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents », a été mis en place par plusieurs organisations. Il s’agit de COMCAHPSS – Consortium for Mothers, Children, Adolescents and Health Policy and Systems Strengthening ; ARHR – Alliance for Reproductive Health Rights, WOMEC – Women, Media and Change et WAHO – West Africa Health Organisation.

Le Consortium pour les mères, les enfants, les adolescents et le renforcement des politiques et des systèmes de santé ; l’Alliance pour les droits en matière de santé reproductive, l’organisation Femmes, medias et changements et l’Organisation ouest-africaine de la santé conjuguent leurs efforts pour atteindre un but commun. Ce but, c’est le bien-être des femmes, des nouveau-nés et des adolescents, vulnérables. Le projet s’étend sur une période de 3 ans. Il a déjà été mis en œuvre au Ghana, en Sierra Leone et au Sénégal.

Comment donner la bonne information aux populations ? Comment mieux dénoncer les mauvaises pratiques dans les centres de santé en Afrique pour imposer le changement ? C’est à cette problématique qu’a voulu répondre le Dr Charity BINKA. Dr Charity BINKA de l’organisation « Women, Media and Change » a, pour ce faire, préparé le programme de formation à l’endroit des journalistes.

M. Obadiah, traducteur (gauche) Dr Charity BINKA et M. Isaac NYAMPONG, représentant de Alliance for Reproductive Health Rights

Le programme de formation des journalistes sur la santé sexuelle et reproductive

Le premier objectif de la formation est de permettre aux journalistes de communiquer efficacement. Ceci grâce aux données issues de recherches. Il faut en effet s’appuyer sur des données afin de mieux responsabiliser les décideurs et les citoyens. Décideurs et citoyens doivent être responsabilisés face aux résultats en matière de santé des citoyens.

En outre, la formation a pour but de mettre les journalistes face aux problèmes de santé publique. Ces problèmes qui affectent la santé et le bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents. Notons enfin que le programme de formation se veut un outil de renforcement des capacités des journalistes. Les hommes de médias pourront ainsi mieux rendre compte des lacunes du système de santé et des problèmes de santé.

La formatrice a exhorté les journalistes à retenir trois éléments essentiels. Ceux-ci interviennent lorsqu’ils abordent la question de la santé des femmes, des nouveau-nés et des adolescents. Une question par ailleurs liée aux droits de l’Homme.

L’accessibilité des soins, le coût de ces derniers et la qualité des prestations sont ces éléments essentiels.

« Nous n’avons pas d’excuses pour les femmes qui meurent en donnant naissance, à cause du manque d’équipements, de la négligence », a clamé la formatrice. Un avis partagé par l’assistance qui a mesuré l’ampleur de la situation.

L’étude dans les districts sanitaires Cocody-Bingerville et Adjamé-Plateau-Attécoubé

« Depuis 2016, le constat est que les femmes n’ont pas suffisamment accès aux équipements basiques dans les centres de santé ». Cette remarque de M. Isaac NYAMPONG, de l’Alliance pour les droits en matière de santé reproductive, fait partie des raisons d’être de l’étude menée par L’Association Ivoirienne de la Santé Publique (AISP).

M. Isaac NYAMPONG (gauche) et Dr docteur Auguste Didier Blibolo, Président de l’AISP, Lisi YAO

Les résultats de l’étude « Tableaux de bord des services de santé sexuelle et reproductive dans deux districts : Cocody-Bingerville et Adjamé-Plateau-Attécoubé en Côte d’Ivoire » ont révélé qu’il y a un manque de matériels de santé et la non existence de la gratuité de certains soins tel qu’annoncé par l’Etat de Côte d’Ivoire.

Les résultats sont basés sur le score obtenu à la fin des échanges. Ils proviennent de la moyenne des notes attribuées par les personnes consultées.

L’étude a été menée sur une population de femmes. Leurs âges sont compris entre 15 – 19 ans et 35 – 49 ans. Les femmes interrogées fréquentent les centres de santé sujets de l’étude.

L’étude a aussi concerné le personnel de santé qui devait lui aussi se prononcer. Ils devaient (les clientes et le personnel) attribuer des notes de 0 à 5 aux centres. Des notes pour apprécier la qualité, le niveau de fréquentation et les coûts des prestations dans les centres de santé.

De nombreux problèmes communs

De nombreux problèmes au niveau de la santé des femmes et des filles ont été constatés au terme de l’étude du cabinet AISP de docteur Auguste Didier Blibolo, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan Cocody.

Pour tous les centres, les résultats de l’étude font cas de ruptures de stocks. Ces ruptures sont cependant rapidement gérées. Seulement, celles au niveau du CSU d’Anono sont très fréquentes. Autre problème : celui de l’absence de panneaux d’indication pour la majorité des centres. Au niveau de la qualité, on note le manque de courtoisie des prestataires, en plus de leur insuffisance pour une population de plus en plus nombreuse.

Les réalités qui concourent à mettre en péril la santé des femmes, des adolescents et des nouveau-nés, outre la fébrilité des systèmes de santé, sont abondantes. Parmi elles, la difficulté d’aborder le sujet de la sexualité et certaines barrières culturelles.

Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada est le financeur du projet « Catalyser le leadership pour améliorer le bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents ».


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