Quand mon implant contraceptif m’a fait voir rouge…

Article : Quand mon implant contraceptif m’a fait voir rouge…
Crédit: Reproductive Health Supplies Coalition, Unsplash
14 août 2025

Quand mon implant contraceptif m’a fait voir rouge…

Quelque temps après la naissance de mon fils, j’ai décidé de me faire poser un implant. Je me souviens qu’à ce sujet, mon frère m’a posé une question plutôt gênante. « Si tu ne vois personne, pourquoi as-tu besoin de mettre un implant ? » avait-il demandé. Effectivement, je n’étais pas censée avoir besoin de me « protéger », vu que j’étais séparée d’avec le père de mon enfant depuis un moment et que je n’avais pas dit que je voyais quelqu’un d’autre…

Sur le coup, je n’avais pas de réponse à donner. Et puis, il m’arrive tellement souvent de ne pas avoir les bons mots, les bons arguments sur le moment… Il m’arrive de « beuguer ». Je ne suis jusqu’à ce jour vraiment à l’aise que lorsqu’il s’agit d’écrire. Voilà aussi pourquoi j’ai décidé de me jeter à l’eau aujourd’hui, en vous racontant un bout de mon expérience avec les implants. Même si cela m’avait été déconseillé par une amie. Peut-être que mon « témoignage » parlera à plus d’une femme ?

Le choix d’un implant comme méthode contraceptive

Avant de me décider à placer un implant, j’ai un peu réfléchi, écouté des témoignages et lu. Le jour de mon entretien dans le bureau des sage-femmes a été un temps soit peu émouvant. Vous savez, on vous demande combien d’enfants vous avez, combien de fois vous avez été enceinte, votre situation matrimoniale… Et c’était encore un peu dur pour moi de parler de tout ça, même si j’ai très souvent un humour que je ne manque pas, à l’occasion, de partager avec le personnel de santé qui rigole parfois avec moi.

Un entretien qui m’a mise à l’aise

Les différentes méthodes contraceptives m’avaient été présentées, et je me souviens avoir demandé celles qui auraient le moins de conséquences ou d’effets secondaires. Bien que je préfère les injections au supplice de la prise de médicaments sous forme de comprimés lorsque je suis souffrante, il m’était difficile d’opter pour la contraception via les injections. L’intervalle entre les injections me semblait trop court sinon, je ne me faisais pas à l’idée de donner un rendez-vous ponctuel aux seringues. Je n’étais quand même pas malade pour m’infliger ce sort ! Et puis, j’aurais probablement manqué un rendez-vous à l’hôpital ou négligé de m’y rendre. Il n’était pas non plus question d’opter pour les pilules. J’ai une petite aversion pour les cachets et du mal avec la discipline inhérente à la prise de pilules. Le stérilet ? Non. Je préférais clairement, à l’époque, avoir un truc dans le bras plutôt que dans le vagin. J’ai alors opté pour l’implant. J’en voulais un pour une durée de cinq ans, mais les sages-femmes m’ont demandé de reconsidérer mon choix. J’ai fini par écouter leur conseil et opter pour la solution sur trois ans. La pose n’a pas du tout été douloureuse, et j’ai beaucoup apprécié le service des sage-femmes, du petit entretien aux réponses à toutes mes questions concernant la pose de l’implant. C’était à l’Hôpital Général de Bingerville.

La période de 2019 à 2022 : l’époque où je filais le parfait amour avec ce bâtonnet dans le corps

J’avais eu vent de plusieurs effets secondaires dus au port d’un implant : prise de poids, augmentation des périodes de sommeil, vertiges, etc. J’avoue que pour la prise de poids, ça aurait été un avantage pour moi, bien que j’eusse déjà pris plusieurs kilos du fait de la grossesse. J’aimais bien cette « nouvelle tendance », même si l’expérience des cuisses qui se frottent n’était pas agréable. Pendant longtemps, franchir la barre des 55 kilos était une agréable surprise. Je me trouvais trop mince, peut-être à cause des standards martelés par mon environnement…

De la date de la pose de mon premier implant, c’est-à-dire le 4 novembre 2019, à la date prévue pour son retrait, le 4 novembre 2022, je me portais comme un charme, comparativement au calvaire que j’ai vécu pendant que je portais mon deuxième implant !

J’avais mon petit bâtonnet dans mon bras gauche, qu’il me plaisait de toucher, même de caresser, de temps à autre. Aussi, pour me rassurer qu’il ne s’était pas « perdu », car j’avais entendu des récits selon lesquels certains implants avaient disparu dans le bras de femmes, surtout celles en chair.

Que s’est-il donc passé après cette belle période ?

23 novembre 2022 : le début d’un calvaire que je ne soupçonnais pas. Ma première expérience avec l’Implanon NXT 68mg s’était si bien passée que j’ai décidé de « reconduire l’opération ». C’est alors que je me suis rendue dans le même hôpital pour le retrait de mon premier implant et la pose d’un autre, le 23 novembre 2022. Je devais le retirer 3 ans plus tard, mais je n’ai pu le porter que 10 mois. Le 4 septembre 2023, je recevais la délivrance…

Tout a commencé avec des sensations d’étouffement, des douleurs à la poitrine, des nausées, mais aussi et surtout des étourdissements. J’avais souvent l’impression que j’allais tomber dans les pommes. La fois la plus marquante et la plus effrayante était cette fois où je me sentais tomber dans le bus alors que j’étais debout. Je n’avais pas eu de place assise. Voyant que je n’allais pas bien, un voyageur m’a cédé sa place. Au début, j’avais voulu la refuser, mais il a insisté, heureusement ! Je me suis sentie un peu mieux lorsque je me suis posée.

Les allers-retours à l’hôpital

Les allers-retours à l’hôpital étaient fréquents, mais la majorité des tests classiques étaient négatifs. C’est alors que mon médecin m’a prescrit d’autres examens à faire à l’Institut Pasteur : T4 libre, T3 libre, TSH. Ces examens m’ont coûté 45 000 FCFA. Je pense que cela est dû au fait que je n’avais aucune assurance à cette époque.

Après plus de deux semaines – j’ai dû reprendre les examens à la demande de l’Institut –, les résultats étaient là : je n’avais aucun problème, tout était normal. C’est alors que j’ai pensé à l’implant, et au rapport avec les hormones.

Le 4 septembre 2023, je me suis rendue à l’Hôpital Général de Bingerville. Après mon petit entretien avec une des agentes, elle m’a dit : « Si tu étais venue plus tôt, tu n’aurais pas dépensé autant d’argent. » Et elle avait raison. Dès le retrait de l’implant, j’ai senti une sorte de libération, un soulagement. Un vent libérateur. Depuis, je m’étais promis de partager mon expérience, et je pense que le stérilet sera mon prochain choix… J’ai appris qu’il ne se place que pendant les périodes de menstruation.

À propos de la «bonne réponse» que je n’avais pas eue à l’époque

Eh bien, on peut également contracter une grossesse lors de relations sexuelles non consenties, forcées… Alors, bien que cela puisse paraître étrange pour certaines personnes, peut-être qu’opter pour une méthode contraceptive est aussi une façon de se protéger de quelque chose… Tout compte fait, après la naissance d’un bébé, il est conseillé de laisser son corps se reposer au moins deux ans avant de porter un autre enfant. Et puis, tant qu’on n’est pas prêt, vaut mieux s’abstenir, et opter pour une méthode de contraception pourrait être une très bonne solution, tant que notre corps et cette méthode filent le parfait amour.

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Commentaires

Auguste Madou Wassard
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Merci pour le partage.
J'ignorais qu'il existait des implants contraceptifs. Je connaissais le stérilet et les pilules contraceptives...le préservatif.
Beaucoup de choses à apprendre.