M’Batto : la ville de mon enfance tristement célèbre aujourd’hui

Article : M’Batto : la ville de mon enfance tristement célèbre aujourd’hui
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20 décembre 2020

M’Batto : la ville de mon enfance tristement célèbre aujourd’hui

M’batto est la ville où j’ai grandi. Une petite ville située au centre-est de la Côte d’Ivoire qui s’est faite connaître par des affrontements… Je pense qu’il serait inutile de revenir sur les raisons de la crise pré et post-électorale en Côte d’Ivoire à laquelle on attribue la maternité de tant d’évènements. Dans l’article que j’ai publié avant le présent, j’évoquais que seul l’avenir nous dira… Et, depuis, beaucoup d’événements ont meublé l’atmosphère sociopolitique de mon pays. Il s’agit d’évènements très malheureux, même si on observe aujourd’hui un certain calme. Bonoua, Daoukro, Bongouanou, Toumodi, M’Batto sont des localités farouchement ébranlées.

M’Batto, ma cité durement éprouvée

Ce qu’il s’est passé à M’Batto comme dans les villes sus-citées, est très loin d’être plaisant. Des évènements macabres pourraient-ils l’être ? Selon les chiffres officiels, il y a eu en tout 84 morts en Côte d’Ivoire. Des morts avant, pendant et après l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Concernant M’Batto, en novembre, une liste d’une trentaine de noms (personnes qui y seraient décédées) a circulé sur les réseaux sociaux. Pourtant, le bilan, selon la Gendarmerie nationale est de 3 morts. Cependant, le bilan reste lourd car la vie est sacrée.

Depuis novembre, pourquoi est-ce que je ne fais cet article que maintenant ?

J’ai mis du temps à écrire et publier ce billet. Entre les questionnements, la peur, les incertitudes… Je ne savais pas comment m’y prendre. Je me souviens encore de mon état quand on n’avait pas de nouvelles de M’Batto. Quels mots choisir ? J’ai déjà été prévenue de faire attention parce qu’on ne sait pas ce que peuvent engendrer les lectures d’un article sur le sujet de la crise à M’Batto, vu mes étroits liens avec le département.

Quelles sont les causes véritables de l’affrontement entre les populations ? Affrontements qui ont porté le qualificatif « intercommunautaires » ? Moi, Lisi, je ne pourrais pas les écrire. Le faire impliquerait citer les différentes versions qui me sont parvenues. Le faire pourrait laisser penser que je prends parti. Je pense que vous avez vu témoignages, images, reportages.

Quel est mon message ?

J’aurais souhaité que mon M’Batto se fasse découvrir autrement, que l’on parle de faits honorables. Comment dans une si petite commune où « tout le monde connaît tout le monde », ce genre de choses peuvent-elles arriver, se répéter ? Le dicton nous apprend que la querelle, l’on sait quand elle a commencé mais l’on ne sait pas quand et comment elle va prendre fin. Voilà pourquoi il faut l’éviter. La sagesse, les esprits forts, les grands cœurs, doivent entrer en jeu. Pour apaiser les cœurs et tuer l’esprit de vengeance, il faut de grands Hommes et Femmes. Ceux qui auront la force de penser à l’avenir commun ; d’éviter que des générations s’entredéchirent.

De quoi a besoin M’Batto ?

M’Batto n’a pas besoin de massacres. La commune a besoin d’étendre ses ailes, de les déployer. Le département de M’Batto a besoin de voir ses fils et ses filles se démarquer positivement. Autrefois point important de la boucle du Cacao, où en est la ville aujourd’hui ? Nos frères qui préfèrent faire le taxi qu’aller à l’école, pour le gain, voilà une réalité à examiner. Les élèves qui arrivent des campements pour faire le lycée, se logent et se nourrissent difficilement, voilà des problèmes à résoudre. Nos mamans qui voudraient bien sortir de l’analphabétisme, nos papas qui joignent difficilement les deux bouts… Les valeurs qui se perdent, voilà à quoi il faut penser. La laide image connue aux plans national et international doit être changée.

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